‹ Lettres choisies de Voltaire (volume 2)Chapitre 209 sur 246 · Maillet. (G. A · texte numérisé non relu

Maillet. (G. A

dégoûte de toutes les autres. C'est un édit sur la liberté du commerce des vins. Il fait un beau pendant avec l'édit du là de septembre en faveur des blés.

Je conçois qu'il y ait des gens tout étonnés de voir des traités de politique et de morale avec la formule Car tel est notre bon plaisir ^ mais je ne conçois pas que des gens qui ont de la barbe au menton s'effarouchent des vérités qu'on leur démontre. Il me semble que je vois les médecins du temps de Molière soutenir des thèses contre la circulation du sang. II est impossible que le parti de ceux qui ferment les yeux à la lumière se soutienne longtemps. Toutes les nouvelles vérités sont d'abord mal reçues chez nous. On est fâché d'être obligé de retourner à l'école quand on se croit docteur, et quœ imberbes didicere senes perdenda fateri * .

EnGn, monsieur, ces vins me paraissent avoir une sève et une force toute nouvelle. Je conseille à messieurs d'en boire largement, au lieu d'en dire du mal. Ces bons vins de M. Turgot sont capables de me ranimer. Mon malheur est de n'avoir pas longtemps à en boire.

A H. DEVAINES.

15 mai 1776.

Ah! mon Dieu, monsieur, quelle funeste nouvelle j'apprends ' ! La France aurait été trop heureuse. Que deviendrons -nous? restez -vous en place? auriez-vous le temps de me rassurer par un mot? puis- je m' adresser à vous pour faire passer ce billet ? Je suis atterré et désespéré.

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