‹ Lettres choisies de Voltaire (volume 2)Chapitre 62 sur 246 · Dispositions à étendrs la démocratie en France · texte numérisé non relu

Dispositions à étendrs la démocratie en France

« songer qu'à gouverner, gouverne toujours bien. » Cette admirable maxime se trouve à la suite de choses trës-édiOantes. Mais, pour Dieu, que ce monarque songe donc à gouverner I

Je ne sais si on songe assez à une chose dont j'ai cru m' apercevoir. Tai manqué souvent d'ouvriers à la campagne ; j'ai vu que les sujets manquaient pour la milice; je me suis informé en plusieurs endroits s'il en était de même ; j'ai trouvé qu'on s'en plaignait presque partout ; et j'ai conclu de là que la France n'est pas si peuplée (proportion gardée) que l'Allemagne, la Hollande, la Suisse, l'Angleterre. Du temps de M. de Vauban nous étions dix-huit millions : combien sommes-nous à présent? C'est ce que je voudrais bien savoir.

Voilà l'abbé Moussinot qui va monter en chaise, et moi je vais fermer votre livre ; mais je ferai avec lui comme avec vous, je l'aimerai toute ma vie.

On me mande que Prault vient d'imprimer une petite histoire de Molière et de ses ouvrages, de ma façon. Voici le fait : M. Fallu me pria d'y travailler lorsqu'on imprimait le Molière in-â°; j'y donnai mes petits soins, et quand j'eus fini, M. de Ghauvelin donna la préférence à M. de La Serre :

Sic vos non vobis !

Ce n'est pas d'aujourd'hui que Midas a des oreilles d'âne. Mon manuscrit est enfin tombé à Prault, qui l'a imprimé, dit-on, et défiguré ; mais l'auteur vous est toujours attaché avec la plus respectueuse estime et le plus tendre dévouement.

A M. LE PRÉSIDENT HÉNAULT

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