H">* de Boufflers était une Beauvau
Je ne prendrais pas la liberté de présenter à votre altesse sérénissime ce recueil qu'on a fait à Dresde de mes ouvrages*, si cet exemplaire n'était, par sa singularité, digne de tenir une place dans une bibliothèque. Il y a plus de deux cents pages corrigées par ma main, ou réimprimées. Il n'y a que trois exemplaires au monde de cette espèce. J'sû cru remplir mon devoir en envoyant un de ces exemplaires à madame la princesse royale de Pologne, et en mettant l'autre à vos pieds. J'ose me flatter, madame, de votre indulgence et de votre bonté.
Je suis avec le plus profond respect, madame, etc.
A MADAME LA MARQUISE DU DEFPAND
A Potsdam, ce dernier de mai t75l.
Apparemment, madame, que mon camarade d'Hamon sert son roi aussi vite qu'il rend tard les lettres des particuliers. J'aurais bien voulu faire, dans ce mois de juin où nous sommes, ce voyage dont il parle ; et en vérité, madame, vous en seriez un des principaux motifs. J'aurais pu même prendre 1 occasion du voyage que fait le roi mon nouveau maître dans le pays qu'habitait autrefois la princesse de Clèves ; mais ce voyage sera fort court , et je lui ai promis de rester chez lui jusqu'au mois de septembre. Il faut tenir sa parole aux rois, et surtout à celui-là; d'ailleurs il m'inspire tant d'ardeur pour le travail, que si je n'avais pas appris à m' occuper, je l'apprendrais auprès de lui. Je n'ai jamais vu d'homme si laborieux. Je rougirais d'être oisif, quand je vois un roi qui gouverne quatre cents lieues de pays tout le matin, et qui cultive les lettres toute l'après-dlnée. Voilà le secret d'éviter l'ennui dont vous me parlez ; mais pour cela il faut avoir la rage de l'étude comme lui, et comme moi son serviteur chétif.
Quand il vient de Paris quelques livres nouveaux, tout pleins d'esprit qu'on n'entend point, tout hérissés de vieilles maximes rebrochées et rebrodées avec du clinquant nouveau, savez-vous bien, madame, ce