‹ Lettres choisies de VoltaireChapitre 126 sur 157 · A M. DESMAHIS · texte numérisé non relu

A M. DESMAHIS

Septembre 1755.

Quand on écrit d'aussi jolies lettres que vous, monsieur, il faudrait avoir la bonté d'instruire de votre demeure ceux qui ont des remercîmenls à vous faire. Je hasarde les miens; je ne sais s'ils vous parviendront; mais, si cette lettre vous est rendue, vous verrez que votre prose m'a fait autant de plaisir que les jolis vers dont vous avez embelli notre Parnasse et amusé la société, lorsque j'avais autrefois le bonheur de vous voir. Je rends grâce à mes Magots de la Chine^ et à Mlle Clairon qui les a vernis, de ce qu'ils m'ont valu les témoignages flatteurs de votre souvenir. Je suis dans un âge où je dois renoncer à ces fleurs qu'il vous appartient de cueillir. La poésie ne doit plus être mon amusement : il ne faut plus que je sacrifie àMelpomène; mais vous avez longtemps à sacrifier aux Grâces. Mme Denis est aussi sensible que moi à votre souvenir. Adieu, monsieur; je vous réitère mes remercîments et les assurances des sentiments bien , sincères avec lesquels j'ai l'honneur d'être toujours votre, etc.

1. Auteur de poésies fugitives, et de l'Impertinent^ comédie en un acte ef en vers ; mort en 1761.

Page 1