A MONSEIGNEUR LE DUC D'ORLÉANS, RÉGENT
Monseigneur,
Faudra-t-il que le pauvre Voltaire ne vous ait d'autres obligations que de Tavoir corrigé par une année de Bastille? Il se flattait que, après Tavoir mis en purgatoire, vous vous souviendriez de lui dans le temps que voue ouvrez le paradis a tout le monde.
Il prend la liberté de vous demander trois grâces : la première, de soufl^rir qu'il ait l'honneur de vous dédier la tragédie ^ qu'il vient de composer ; la seconde, de vouloir bien entendre quelque jour des morceaux d'un poëme épique^ sur celui de vos aïeux auquel vous ressemblez le plus ; et la troisième, de considérer que j'ai l'honneur de vous écrire une lettre où le mot de souscription ne se trouve point.