‹ Lettres choisies de VoltaireChapitre 32 sur 157 · AUX AUTEURS DU NOUVELLISTE DU PARNASSE · texte numérisé non relu

AUX AUTEURS DU NOUVELLISTE DU PARNASSE

Juin 173t.

Messieurs, on m'a fait tenir à la campagne où je suis, [ rès de Kenterbury, depuis quatre mois, les lettres que vous publiez avec succès en France depuis environ ce temps. J'ai vu, dans votre dix-huitième lettre, des plaintes injurieuses que Ton vous adresse contre moi , sur lesquelles il est juste que j'aie l'honneur de vous écrire, moins pour ma propre justification que pour l'intérêt de la vérité.

Un ami ou peut-être un parent defeuM.de Campistron* me fait des reproches pleins d'amertume et de dureté de ce que j'ai, dit- il, insulté à la mémoire de cet illustre écrivain, dans une brochure de ma façon, et que je me suis servi de ces termes indécents : le iKiuvi e Ccimpislron. 11 aurait raison, sans doute, de me faire ce reproche, et vous, messieurs, de Timp rimer, si j'avais en eifet été coupable d'une grossièreté si éloignée de mes mœurs. C'est pour moi une surprise éga-ement vive et douloureuse de voir que l'on m'impute de pareilles soltises. Je ne sais ce que c'est que cette brochure, je n'e:i ai jamais entendu parler. Je n'ai fait aucune brochure en ma vie : si jamais homme devait être à l'abri d'une pareille accusation, j'ose dire que c'c^tait moi, messieurs.

Depuis i'âge de .seize ans, où quelques vers un peu sati-

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