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Lettres choisies; édition à l'usage des classes

L'unique Introduction au recueil que nous publions, U meilleure notice dont il faudrait le faire précéder, serait une de ces agréables et pénétrantes études que, sous le titre modeste de Causeries du lundi, M. Sainte-Beuve a faites de Voltaire, et particulièrement de sa correspondance, lors de la publication des deux volumes de Lettres inédites de Voltaire par MM. de Cayrol et A. François. Voltaire, écrivain, y est jugé sans colère et sans zèle, sine ira et studio. On y voit, d'un côté, apprécier « cette langue, organe rapide du plus « agréable bon sens, et toutes ces qualités de vive justesse, de « raison railleuse, d'esprit et de grâce; » de l'autre, signaler cet excès du rire, poussé «jusqu'au ricanement, jusqu'au tic, qui en est le défaut » à jamais incurable; on y voit accuser le vice de ce tempérament fébrile, irascible, intraitable et personnel, non moins que constater la noblesse de l'écrivain « avocat bénévole et généreux de plus d'une belle cause. «

Cette introduction naturelle, cette notice qui revient à plusieurs reprises dans les Causeries, est connue de tous, et n'est pas à recommencer. Mais ce juste partage de l'éloge et du blâme, indique que pour Voltaire, plus encore que pour tout autrC; il y a une publication nouvelle et plus saine, c'est-à-dire plus discrète à faire de ses œuvres si diverses et si volumineuses.

C'est cette publication que nous avons entreprise pour sa Con^espondance, et doni il nous reste à expliquer le but, la nature et le sens.

L'écrivain qui, de l'aveu de tous, est le premier des prdsa-

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