Horace, liv. I, ép. x
6. Nom donné à Victor Riquetti, aaarquis de Mirabeau, père du grand orateur, économiste dont les écrits, d'un style biza.-re, obscur et emphatique, ont été appelés l'apocalypse de l'économie politique.
non à ce Mirabeau, qui m'a donné cette dernière passion. Kli bien! quittez donc votre aimable Launay pour Paris; mais retournez à Launay, et regrettez, comme moi, que Launay soit si loin de Ferney. Ecrivez-nous quand vous serez à Paris, parlez-nous des sottises que vous y aurez vues, et aimez toujours vos deux amis du lac de Genève, qui vous aiment de tout leur cœur. V.
A M. THIEROT.
Aux Délices, 24 décembre 1758.
Vous vous trompez, mon ancien ami, j'ai quatre pattes au lieu de deux; un pied à Lausanne, dans une très belle maison pour l'hiver ; un pied aux Délices, près de Genève, où la bonne compagnie vient me voir : voilà pour les pieds de devant. Ceux de derrière sont à Ferney et dans le comté de Tournay, que j'ai acheté*, par bail emphytéotique, du président de Brosses^.
M. Crommelin se trompe beaucoup davantage sur tous les points. La terre de Ferney est aussi ^bonne qu'elle a été négligée; j'y bâtis un assez beau château ; j'ai chez moi la terre et le bois ; le marbre me vient par le lac de Genève. Je me suis fait, dans le plus joli pays de la terre, trois domaines qui se touchent. J'ai arrondi tout d'un coup la terre de Ferney par des acquisitions utiles. Le tout monte à la valeur de plus de dix mille livres de rente, et m'en épargne plus de vingt, puisque ces trois terres défrayent presque une maison où j'ai plus de trente personnes et plus de douze chevaux à nourrir.
« Nave ferar magna an parva, ferar unus et idem 3. »
i. Terme de droit : un bail emphytéotique est un bail à très long terme, la plus souvent de 99 ans.
2. A telles enseignes qu'acheteur et vendeur eurent bienl6l de graves démê- '4s oii Voltaire n'eut pas le dessus, même lillérairement parlant. Le président Jo Brosses, qui connaissait les lois et ses droits, et qui no savait pas moin» Men son français, comme l'ont prouvé ses Lettres d'Italie, finit par faire Laisser pavillon à son irascible adversaire, si ardentes et si spécieuses que fassent se» protestations, réclamations, etc. (Voir Voltairt et û y*és\dent di Crosses, par Froisset. Didier, 1858.)