Ire Épi Ire aux Cor., I
2. Ecoucliard Le Brun, dit le Pindar-ique, poète lyrique et épigrammatique, de l'école de J.-B. Rousseau, né à Paris en 1729, mort en 1807. C'est lui qui ivail recommandé à Voltaire la nièce de Corneille.
nés. Elle lit avec nous à des heures réglées, et nous ne lui laissons jamais ignorer la signification des mots. Après la lecture, nous parlons de ce qu'elle a lu, et nous lui apprenons ainsi, insensiblement, un peu d'histoire. Tout cela se fait gaiement et sans la moindre apparence de leçon.
J'espère que l'ombre du grand Corneille ne sera pas mécontente; vous avez si bien fait parler cette ombre, monsieur, que je vous dois compte de tous ces petits détails. Si Mlle Corneille remercie M. Titon, et tous ceux qui ont pris intérêt à elle, souffrez que je les remercie aussi. J'espère que je leur devrai une des grandes consolations de ma vieillesse, celle d'avoir contribué à l'éducation de la cousine de Chimène, de Cornélie et de Camille.
Il faut que je vous dise encore qu'elle remplit exactement tous les devoirs de la religion, et que nos curés et notre évoque sont très contents de la manière dont on se gouverne dans mes terres. Les Berthier, les Guyon, les Gauchat, les Chaumeix, en seront peut-être fâchés, mais je ne peux qu'y faire. Les philoso[)hes servent Dieu et le roi, quoi que ces messieurs en disent. Nous ne sommes, à la vérité, ni jansénistes, ni molinistes, ni frondeurs; nous nous contentons d'être Français et catholiques tout uniment.
Votre distinction entre le vrai public et le vulgaire est bien d'un homme qui mérite les suffrages du public; daignez y joindre le mien, et comptez sur la plus sincère estime, j'ose dire sur l'amitié, de votre obéissant serviteur, Voltaire.