Frédéric II
.T. Voir, un peu plus haut, dans la lettre au marquis de Chauvelin, I» même prédiction, non moins nettement accusée.
souscripteurs n'ont point encore le Dictionnaire encyclopédique. Ce n'est pas seulement être sévère, c'est être très injuste. Si on arrête le débit de ce livre, on vole les souscripteurs et on ruine les libraires. Je voudrais bien savoir quel mal peut faire un livre qui coûte cent écus. Jamais vingt volumes in-folio ne feront de révolution ; ce sont les petits livres portatifs à trente sous qui sont à craindre. Si l'Évangile avait coûté douze cents sesterces, jamais la religion chrétienne ne se serait établie.
Pour moi, j'ai mon exemplaire de V Encyclopédie, en qualité d'étranger et de Suisse. On veut bien que les Suisses se damnent; mai^ on veille de près, à ce que je vois, sur le salut des Parisiens. Si vous pouviez m'envoyer quelque chose pour achever ma damnation, vous me feriez un plaisir diabolique, dont je vous serais très obligé. Je ne peux plus travailler, mais j'aime à me donner du bon temps, et je veux quelque chose qui pique.
Adieu, mon très cher philosophe : sera-t-il dit que je mourrai sans vous revoir?