‹ Lettres choisies; édition à l'usage des classesChapitre 222 sur 272 · Ainsi travestie, non assurément. — Liv. I, ode xxxviii · texte numérisé non relu

Ainsi travestie, non assurément. — Liv. I, ode xxxviii

partout. Le vrai Pindare est Dryden,' auteur de cette belle ode intitulée la Fête d'Alexandre, ou Alexandre et Timothée. Cette ode, mise en musique par Purcell (si je ne me trompe), passe en Angleterre pour le chef-d'œuvre de la poésie la plus sublime et la plus variée; et je vous avoue que, comme je sais mieux l'anglais que le grec, j'aime cent fois mieux cette ode que tout Pindare. .

C'est assez blasphémer contre le premier violon du roi de Sicile, Hiéron. Je voudi^ais bien savoir seulement si on chantait ses odes en partie. Il est très probable que les Grecs connaissaient cette harmonie que nous leur nions avec beaucoup d'impudence. Platon le dit expressément et en termes formels : pardon de faire avec vous le savant.

« D'un certain magister le rat tenait ces cnoses, « Et les disait à travers champs i. » etc.

Gardez-vous bien de me prendre pour un Grec sur tout ce que je vous dis là, car je suis l'homme du monde le moins grec. Je devine seulement que vous devez avoir eu une peine extrême à rendre en prose agréable et coulante votre sublime chantre des cochers grecs et des combats à coups de poing.

Adieu, mon cher ami; il faut qu'après avoir prêté des grâces, de l'ordre, de la clarté à votre inintelligible et boursouflé Thébain' qu'on dit sublime, vous vous remettiez à faire quelque tragédie ou quelque opéra français. Notre langue a autant de vogue qu'en avait autrefois la langue grecque. On parle français dans tout le Nord, où les Grecs étaient inconnus. Ranimez un peu nos muses, qui languissent en plus d'un genre; soutenez notre honneur, qui se recom mande à vous.

Je vous embrasse avec la plus tendre et la plus constante amitié. Mme Denis se joint à moi.

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