‹ Lettres choisies; édition à l'usage des classesChapitre 226 sur 272 · Duclos et Bignon · texte numérisé non relu

Duclos et Bignon

S. Vieux mol; on dirait aujourd'hui « rappellerai. »

(et c'étaient le prince de Vendôme, le chevalier de Bouillon, l'abbé de Chaulieu, l'abbé de Bussy, qui avait plus d'esprit que son père, et plusieurs élèves de Bachaumont, de Chapelle, et de la célèbre Ninon) disaient à souper tout le mal possible de La Mottc-Houdart. Les fables de La Motte venaient de paraître: on les traitait avec le plus grand mépris; on assurait qu'il lui était impossible d'approcher des plus médiocres fables de La Fontaine. Je leur parlai d'une nouvelle édition de ce même La Fontaine, et de plusieurs fables de cet auteur qu'on avait retrouvées. Je leur en récitai une ; ils furent en extase ; ils se récriaient: a Jamais La Motte n'aura ce style, disaient-ils. Quelle finesse et quelle grâce ! on reconnaît La Fontaine à chaque mot. « La fable était de La Motte'.

Passe encore lorsqu'on ne se trompe que sur de telles fables; mais lorsque le préjugé, l'envie, la cabale, imputent à des citoyens des ouvrages dangereux ; lorsque la calomnie vole de bouche en bouche aux oreilles des puissants du siècle; lorsque la persécution est le fruit de cette calomnie: alors que faut-il faire ? cultiver son jardin.

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