‹ Lettres choisies; édition à l'usage des classesChapitre 23 sur 272 · Ovide, Mëtam., XIII, v · texte numérisé non relu

Ovide, Mëtam., XIII, v

3. Antoine Houdart de La Motte, poète et littérateur, nommé inembre de l'Académie française en 1710. Voltaire l'appelait le « patriarche des vers durs », et il le présente ainsi, frappant à la porte de son Temple du Goût :

« Parmi les flots de la foule insensée

« De ce parvis obstinément chassée.

« Tout doucement venait la Moltelloudart,

• Lequel disait d'un ton de papelard :

ne pense guère, mais il travaille ses vers beaucoup mieux. Le point serait de trouver un poète qui pensât comme La Moite et qui écrivît comme Rousseau (quand Rousseau écrit bien, s'entend); mais

« Paucis, quos aequus amavit « Juppiter, aut ardcns erexitad aetliera Tirtui, « Dis genili, potuere * »

J'ai bien envie de revenir bientôt souper avec vous et rai-sonner de belles-lettres ; je commencée m'ennuyer beaucoup ici 2, Op il faut que je vous dise ce que c'est que Fennui :

Car, vous qui toujours le cliassez, Vous pourriez lignorer peut-être :

Trop heureux si ces vers, à la hàtc tracés, Ne l'ont pas déjà fait connaître !

C'est un gros dieu lourd et pesant, D'un entretien froid et glaçant, Qui ne rit jamais, toujours bâille, Et qui depuis cinq ou six ans, Dans la foule des courtisans Se trouvait toujours à ^'crsai!le.

Mais on dit que, tout de nouveau, Vous l'allez revoir au parterre, Au Capricieux^ de Rousseau :

C'est là sa demeure ordinaire.

c — Ouvrez, messieurs, c'est mon Œdipe en prose, « Mes vers sont durs, d'accord, mais forts de choses ! B La Criti'^jUele reconnut à la douceur de son maintien et à la dureté de sea « derniers vers, et elle le liiissa quelque temps entre Perrault et Chapelain, ■ qui assiégeaient la porte depuis cinquante ans, en criant contre Virgile.» J.-B. Rousseau, d'accord avec Voltaire pour bafouer La Motte, ût l'épiframme suivante sur sa traduction abrégée de l'Iliade :

« Le traducteur qui rima Vlliade,

• De douze chants prétendit l'abréger;

« Mais par son style aussi triste que fade,

« De douze en sus il a su l'allonger,

€ Or, le lecteur qui se sent affliger,

« Le donne au diable, et dit, perdant haleine;

« — lié .' unissez, rimeur à la douzaine !

« Vos abrégés sont longs au dernier point.

« — Ami lecteur, vous voilà bien en peine;

■ Rendons-les courts en ne les lisant point. »

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