‹ Lettres choisies; édition à l'usage des classesChapitre 245 sur 272 · A M. DE LALANDE · texte numérisé non relu

A M. DE LALANDE

A Ferney, 6 février 1775.

« En tibi norma poli et divae libramina molis ; « Computus en Jovis, etc. »

Voilà, monsieur, ce que Halley disait à Newton, et ce que je vous dis.

Je reçus hier le plus beau présent qu'on m'ait jamais fait^. J'ai passé tout un jour et toute une nuit à lire le premier volume, et j'ai entamé le second.

C'est, je crois, la première fois qu'on a lu tout de suite un livre d'astronomie. Vous avez trouvé le secret de rendre la vérité aussi intéressante qu'un roman.

Je vous demanderais pourtant grâce pour Alexandre, à qui vous reprochez d'avoir été effrayé d'une éclipse de lune, avant la bataille d'Arbelles. Plutarque ne lui impute pas tant de faiblesse et tant d'igtiorance.

Qiiinte-Curce dit au contraire que l'armée ( qui n'était pasi composée de philosophes) fut prête à se soulever contre] Alexandre : Jam pro seditione res erat^. Le roi fit rassurer] ses soldats par les mages égyptiens qu'il avait auprès de lui, et marcha aux ennemis immédiatement après l'éclipsé.

1- Illustre astronome, professeur au Collège de France, mort en 1807.

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