Quinle-Curce, liv. V, ch. ix
Comment, en effet, le disciple d'Aristote aurait-il ignoré la cause de ce phénomène si ordinaire, et comment Alexandre aurait-il connu la terreur?
Après avoir demandé grâce pour ce prince, je ne vous la demanderai pas pour les Pères de l'Église, qui ont nié les antipodes : je ne la demanderai pas pour l'ami Pluche, qui va toujours chercher dans la langue hébraïque ( qu'il ne savait pas) les raisons des choses qui n'ont jamais existé.
J'aimerai surtout bien mieux me confirmer avec vous dans le système démontré par Newton, que d'attribuer aux anciens, quels qu'ils soient, des connaissances astronomiques, dont ils n'ont jamais eu que des soupçons très vagues.
Enfin, monsieur, je trouve dans votre livre de quoi m'instruire et me plaire à tout moment. J'ai presque oublié, en le lisant, tous les maux dont je suis accablé. Je serai bientôt privé pour jamais de ce grand spectacle du ciel qui est actuellement couvert de brouillards, du moins dans notre pays. Il fait plus beau sans doute sur les bords du Nil et sur ceux de l'Euphrate que dans le voisinage du lac de Genève. Il y a trois mois que je suis dans mon lit ; et, sans vous, je n'aurais renouvelé connaissance avec aucune planète.
Vous aviez daigné me promettre que vous honoreriez Ferney d'un obélisque et d'une méridienne. Je ne crois pas vivre assez pour entreprendre cet ouvrage ; je me bornerai, cette année, à bâtir des granges de ce que vous appelez pizai^ (si je ne me trompe) .
Si vous aviez un moment à vous, je vous supplierais de me dire à qui je dois m'adresser pour avoir un bon ouvrier avec lequel je ferais mon marché.
Je ne sais pas comment j'ose vous parler de choses terrestres, après tout ce que je viens de lire.
Agréez, je vous prie, monsieur, la reconnaissance et la respectueuse estime de votre, etc.