I. Voltaire venait d'avoir la petite vérole
vin à tous les porteurs d'eau qui viennent ici tous les jours taire de votre maison un méchant cabaret; si l'envie d'avoir à votre porte un animal avec un baudrier, que vous payez chèrement toute l'année, pour vous mal servir pendant trois mois, et pour vendre de mauvais vin pendant douze; si, dis-je, l'envie d'avoir votre porte décorée de cet ornement ne vous tient pas fort au cœur, je vous demande en grâce de donner la charge de portier à mon pauvre La Brie. Vous m'obligerei sensiblement : j'ai presque autant d'envie de le voir à votre porte que de vous voir arriver dans voire maison ; cela fera son petit établissement ; il vous coûtera bien moins qu'un suisse, et vous servira beaucoup mieux. Si, avec cela, le plaisir do m'obliger peut entrer pour quelque chose dans les arrangements de votre maison, je me flatte que vous ne me refuserez pas cette grâce, que je vous demande avec instance. J'attends ▼otre réponse poiu' réformer mon petit domestique'. La poste va partir ; je n'ai ni le temps ni la force d'écrire davantage. Thieriol ^ n'aura pas de lettre de moi cette fois-ci: mais il sait bien que mon cœur n'en est pas moins à lui,
A LA MÊME
A Paris, à la Comédie, c« 20 aoQt 1725.
Depuis un mois entier je suis entouré de procureurs, de
charlatans, d'imprimeurs et de comédiens. J'ai voulu tous les jours vous écrire et n'en ai pas encore trouvé le moment. Je me réfugie actuellement dans une loge de comédienne pour me livrer au plaisir de m'entretenir avec vous, pendant qu'or joue Mariamne^ et ÏIndiscret * pour la seconde fois. Cette petite