Vers qu'on suppose être de Voltaire
3?e* immense? J'en ai travaillé avec assez de soin les moindres )rnements , et je crois que vous trouverez cet ouvrage plus imé et plus fini que tout ce que j'ai fait jusqu'à présent. Ilependant j'ai poussé ma pièce nouvelle jusqu'au commencement du quatrième acte, et il faut suspendre souvent ses occupations poétiques pour corriger, dans les Lettres (inyhiises, quelques calculs et quelques dates, ou pour faire l'inventaire ie notre baronne^, ou pour souffrir et ne rien faire. Je •esterai chez feu la baronne jusqu'à Pâques. Ah! si je pouvais ne réfugier, au printemps, dans votre Normandie, et venir )liilosoplier avec vous et notre ami Forment! Mais je ne sais iucore si Jore imprimera ces Lettres anylaises^, et môme, s'il es imprimait, il ne faudrait pas que je fusse à Rouen, où e donnerais trop de soupçon aux inquisiteurs de la librairie, tfais, si je pouvais faire imprimer cet ouvrage à Paris, et rous l'apporter à Rouen, ce serait se tirer d'affaire à merveille. Si l'on pouvait encore aller passer quelque temps à la iîivière-Bourdet, et venir parler d'Horace et de Locke, pendant jue M. le marquis jouerait du violon, et que Gilles et sa beloîte épouse se querelleraient! Qu'en dites-vous? car, entre lous, je crois que la présidente restera dans son château, et e ne pense pas que la foule y soit. Nous y serions en liberté, à ce que j'imagine; vous me rendriez ce séjour déliiieux, et j'oublierais pour vous le maître de la maison.
Jore est ici qui débite son abbé de Chaulieu, que j'ai mis lans le Temple du Goût, comme le premier des poètes négligés, mais non pas comme le premier des bons poètes. On oue encore Gustave Wasa''; mais tous les connaisseurs m'en
t. Le Temple du Goût, poème satinq'ie et littéraire, moitié prose et vers, rui fit, grand bruit à la fois, et friand tort à l'auteur. L'Acafléinie française Lllail lui ouvrir ses portes, lorsque, par une de ces audaiM^s qui lui étiient ordinaires, il se les ferma lui-mi-me, en puMiant cette œuvre pleine de verve, *n, malgré Tcpigraphe « Ner Ixdere nec adulari » il ne caressait les un^ que jour mieux blesser les autres. On lui permit bien de critiquer Corneille, Racine, )espréaux qui étaient morts, mais on ne lui parrlonna pas de n'avoir pas loué ans réserve les vivants dont il aspirait à devenir le colligne.
2. M"»* de Fontaine-Martel, qui lui avait donné l'hospitalité.
3. Lettres philosophiques et littéraires datées d'Aui^lctorre; voir la note p. 20.