Tragédie de Piron
jnt dit dant de mal que je n'ai pas eu la curiosité de le voir. iiestouclies * a fait une comédie héroïque; c'est V Ambitieux. La scène est en Espagne. On dit que cela n'est ni gai ni vif; et, comme dit Legrand*, de polissonne mémoire,
« Le comique, écrit noblement, u Fait bâiller ordinairemeut. »
Ce Destouchcs-là est assurément de tous les comiques le moins comique; cela sera joué l'hiver prochain. Le Paresseux de De Launai paraîtra après Pâques; et dans le môme temps, le chevalier de Brassac ornera l'Opéra de son petit ballet. Voilà toutes les nouvelles du Parnasse, auxquelles je m'intéresse plus qu'à la mort du roi Auguste.
AU MEME
Ce 15 mai 1733.
Mon cher ami, je suis enfin vis-à-vis ce beau portail 3, dans le plus vilain quartier de Paris, dans la plus vilame maison, plus étourdi du bruit des cloches qu'un sacristain; mais je ferai tant de bruit avec ma lyre, que le bruit des cloches ne sera plus rien pour moi. Je suis malade; je me mets en ménage; je souffre comme un damné. Je brocante, j'achète des magots* et des Titien, je fais mon opéra, je fais transcrire Ériphyle et Adélaïde^; je les corrige, j'cfFace, j'ajoute, je bar
1. Néricault Destouches, po^le comique, anleur du Glorieux, de Vfrrésolu, de 1» Fauss(' Aynès et au rhilosophe marié, qui est reslé au réj.erloLre. Né à Tours en 16^i). morl à Paris eu 17.'>4 ; il était de l'Académie française.