Le cardinal de Noaille
4> Montmoriu.
dans une maladie populaire qui faisait du ravage à Cbaumont, accourut avec des médecins et de l'argent, et arrêta le cours de la maladie; il a signalé toutes les années de son épiscopat par les actions de la charité la plus noble : et ce sont ces mêmes actions que j'ai empoisonnées. L'évêque de Marseille ^ pendant que la contagion dépeuplait cette ville, et qu'il ne se trouvait plus personne, ni. qui donnât la sépulture aux morts, ni qui soulageât les mourants, allait le jour et la nuit, les secours temporels dans une main, et Dieu dans l'autre, affronter de maison en maison un danger beaucoap plus grand que celui où l'on est exposé à l'attaque d'un chemin couvert; il sauva les tristes restes de ses diocésains par l'ardeur du zèle le plus attendrissant, et par l'excès d'une intrépidité qu'on ne caractériserait pas sans doute assez en l'appelant héroïque; c'est un homme dont le nom sera béni avec admiration dans tous les âges: ce sont ceux qui l'ont imité que j'ai voulu décrier dans mes petits libelles diffamatoires. »
Je suppose^ pour un moment, que le jésuite qui entendrait cet aveu eût à se plaindre de tous ceux que l'on vient de nommer, qu'il fût le parent et l'ami du coupable; ne lui diraitil pas : « Vous avez commis un crime horrible, et vous ne pouvez trop l'expier? »
Ce même homme qui ne se corrigera pas, continuera de calomnier tous les jours ce qu'il y a de plus respectable sur la terre, et il ajoutera à sa liste le confesseur qui lui aura reproché ses excès; il l'accusera, lui et sa société, d'une morale relâchée : c'est ainsi que l'esprit de parti est fait. L'auteur du libelle peut, tant qu'il voudra, mettre mon nom dans le recueil immense et oublié de ses calomnies : il pourra m'imputer des sentiments que je n'ai jamais eus, les livres que je n'ai jamais faits, ou qui ont été altérés indignement par les éditeurs. Je lui répondrai comme le grand Corneille dans une pai'eille occasion : Je soumets mes écrits au nigcment de l'Église. Je doute qu'il en fasse autant. Je ferai bien plus : je lui déclare, à lui et à ses semblables, que si jamais o-n a