Il les traduisit, en effet, très mé
je n'ai pas peirlé en mon propre et privé nom ; je me suis mis sous le bouclier de Newton*. Je suis tout au plus le Patrocle couvert des armes d'Achille. Je ne doute pas qu'un esprit juste, éclairé comme le vôtre, ne compte la philosophie au rang de ses connaissances. La France est, jusqu'à présent, le seul pays où les théories de Newton en physique, et de Boërh.iave * en médecine, soient combattues. Nous n'avons pas encore de bons Eléments de Physique; nous avons pour toule astronomie le livre de Bion% qui n'est qu'un ramas informe de quelques mémoires de l'Académie. On est obligé, quand on veut s'instruire de ces sciences, de recourir aux étrangers, à Keill% à Wolff, à s'Gravesande . On va imprimer enfin des Institutions phi/siques, dont M. Pitot^est l'examinateur, et dont il dit beaucoup de bien. Je n'ai eu que le mérite d'être le premier qui ait osé bégayer la vérité; mais, avant qu'il soit dix ans, vous verrez une révolution dans la physique, et se mirabitur Gallia neiitonianam.
Et nous dirons avec vos Géologiques :
Miraturqae novas frondes et non sua'poma. (ii, 82.)
diocrement et publia sa traduction vingt ans plus tard.
1. Les théories de Newton commençaient à évincer, en France, celles de Descaries ; le monde savant se partageait entre les écoles fondées iia.r ces deux génies. Maupertuis et Mairnn, en France, étaient newtoniens; WoUT, en Prusse, l'était aussi ; Kœnig, en Hollande, tenait pour Descartes et I.eibnitz. Voltaire, dans ses Eléments de la philosophie de Newton, réceinmoiit publiés, s'était déclaré pour le piiilosopiie anglais; M"* du Cliàtelet, a'rdenle ne-w Ionienne d'abord, pritparti pour Leibnitz, sous l'influence de Kœnig dont elle fut l'élève en Hollande, vers le temps où nous sommes.
2. Né près de Leyde en 1668, mort en 1738. Il professa à l'université de Leyde.
3. Cosmographe, mort en 1783. U a laissé deux ouvrages : [/snge des ff lobes céleste et terrestre (lGy9); Traité de lu construction di'S instruments de mathématiques (1751).
4. Mathématicien, né à Edimbourg en 1671, mort en 1721. U professa à Oxford et fut reçu membre de la société royale de Londres en 1706. Choisi pour arbitre entre Newton et Leibnitz au sujet de l'invention du calcul dillerentiel, il se déclara pour le premier. — Wol/jf et s'Gravesande ; v. pages 85 et 88, note !.
5. Au foi tdelaquerellequi s'engagea enlreM»* du Cliùtelet et le secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences, Mairan, au sujet d'un livre de cette femme savante, publié en 1 740, sous ce titre : Institutions de physique,Vo\la\te prit parti dans le débat et publia, lui aussi, des Doutes sur la mesure des forces vives. 11 envoya son mémoire à l'Académie des sciences qui en confia l'examen à MM. Pilot et Clairaut.
Leur rapport, lu en avril 1741, évii i de se prononcer sur le fond de !.i question. En octobre 1738, au momei:t où cette lettre fut écrite. Voltaire travaillait à ce mémoire et il en annonc»
l'apparition à Lefrano de Pompigna;.
Il est vrai que la physique d'aujourd'hui est un peu contraire aux fables des Géorgigues, à la renaissance des abeilles, aux influences de la lune, etc. ; mais vous saurez, eu maître de l'art, conserver les beautés de ces fictions, et sauver l'absurde de la physique.
Voilà à quoi vous servira l'esprit philosophique qui est aujourd'hui le maître de tous les arts.
Si vous avez quelque objection à faire sur Newton, quelques instructions* à donner sur la littérature, ou quelque ouvrage à communiquer, songez, monsieur, je vous en prie, à un solitaire plein d'estime pour vous, et qui cherchera toute sa vie à être digne de votre commerce ^ C'est dans ces sentiments que je serai, etc.