Commerce. Sur ce mot,v. page 85, note
3. L'abbé Dubos (1670-1742) était secrétaire perpétuel de l'Académie française depuis 1722. Il avait publié en 1734 son Histoire critique de l'étalilissemeut de la monarchie française dans les Gaules, où il soutient que cet établissement s'est fait sans conquête.
Cette explication, fort couleslée par les érudits depuis qu'elle s'est pro-
duite, a été renouvelée, développée, consolidée et modifiée avec autant de science que de talent original par M. Fu?tel do Coulanges, dans sa récente Histoire des Institutions poliques de l'ancienne France '1876).
4. Citons, en outre, VÉistoire des quatre Gordiens (1695); la Ligue de Cambial (17091; Béflexions sur la poésie et la peinture (1719).
5. Assemblé. Dans le sens de réunir, mettre ensemble eten ordre [coUigere), on préférait cette expression krassembler, dont nous nous servons pius volontiers aujourd'hui, et on laissait à cette seconde forme son sens premier et véritable : assembler de nouveau. On disait : assembler l'armée, l'assemblée des troupes, là où nous
riaux pour faire l'histoire du siècle de Louis XIV'. Ce n'est point simplement la \ie de ce prince que j'écris, ce ne sont point les annales de son règne, c'est plutôt l'histoire de l'esprit humain, puisée dans le siècle le plus glorieux ta l'esprit humain.
Cet ouvrage est divisé en chapitres; il y en a vingt environ destinés à l'histoire générale; ce sont vingt tableaux des grands événements du temps. Les principaux personnages sont sur le devant de la toile ; la foule est dans l'enfoncement. Malheur aux détails! la postérité les néglige tous; c'est une vermine- qui tue les grands ouvrages. Ce qui caractérise le siècle, ce qui a causé des révolutions, ce qui sera important dans cent années, c'est là ce que je veux écrire aujourd'hui.
Il y a un chapitre pour la vie privée de Louis XIV; deux pour les grands changements faits dans la police^ du royaume, dans le commerce, dans les finances ; deux pour le gouvernement ecclésiastique, dans lequel la révocation de l'Edit de Nantes et l'affaire de la Régale* sont comprises; cinq ou six pour l'histoire des arts, à commencer par Descartes et à finir par Rameau \
disons : rassembler et rassemblement.
Tu te souviens du jour qu'eu Aulide an-
[semhlés.
Nos vaisseaux par les veufs semblaient
[être appelés !
iRacine, Iphig., I, i.)
Vous que mon bras vengeait dans Lesbos
[enflammée,
Avant que veus eussiez assemblé votie
[armée.
(Id., lY, VI.)
1. V. page 65, note 4, sur l'idée première et l'origine de cet ouvrage.
2. Expression méprisante et pensée très contestable. 11 y a, en histoire, des détails nécessaires et une façon supérieure de mettre en œuvre et en lumière ces détails trop dédaignés par l'auteur du Siècle de Louis XIV.
3. L'organisation politique et administrative. C'est le sens premier de ce mot qui vient du grec iroXiTtia. Pascal: « La pente vers soi et le commencement de tout désordre, en guerre, en police, en économie. » (Pensées, xxiv, iiô.) — Bossuet : » La police céleste
avec laquelle Dieu régit les hommes. » (Semioii sur les rechutes, ?..) — Massiilon : « Des peuples sauvages qui vivaient sans lois et s&ns police.» [Panégyrique de saint Benoît.)
4. L'édit de Nantes, rendu par Henri IV, en avril 1598, fut révoqué par Louis XIV, le 17 octobre 1685. — On appelait Régale le droit qu'avait le roi de France de percevoir les revenus des évèchés et des monastères vacants, et de pourvoir, pendant la vacance du siège, aux bénéfices qui étaient à la collation de l'évéquc. Il fut l'occasion de vifs débats entre Louis XiV et Innocent XI, en 1682.
5. Rameau, célèbre comjiositour de musique, né à Dijon en 1683, mort en 1764, auteur de vingt-deux grands opéras ou opéras-ballets représentés, à l'Académie royale, et de plusieurs écrits théoriques sur son art. Ses pièces les plus applaudies sont : les Indes galantes (1735), Castor et Pollux (1737), Dardanus (1739), Pygmalion (1748), Anacréon (1754).
DE VOLTAIRE. ii5
Je n'ai d'autres mémoires, pour l'histoire générale, qu'environ deux cents volumes de mémoires imprimés que tout le monde connaît; il ne s'agit que de former un corps bien proportionné de tous ces membres épars, et de peindre avec des couleurs vraies, mais d'un trait, ce que Larrey % Limiers, Lamberti, Roussel, etc., etc., falsifient et délayent dans des volumes.
J'ai pour la vie privée de Louis XIV les Mémoires du marquis de Dangeau % en quarante volumes, dont j'ai extrait quarante pages; j'ai ce que j'ai entendu dire à de vieux courtisans % valets grands seigneurs, et autres, et je rapporte les faits dans lesquels ils s'accordent. J'abandonne le reste aux faiseurs de conversations et d'anecdotes. J'ai un extrait de la fameuse lettre du roi au sujet de M. de Barbésieux *, dont il marque tous les défauts auxquels il pardonne en faveur des services du père : ce qui caractérise Louis XIV bien mieux que les flatteries de Pélisson ^
Je suis assez instruit de l'aventure de V homme au masque de fer % mort à. la Bastille. J'ai parlé à des gens qui l'ont servi.
1. Larrey (163S-1729), auteur d'une Histoire de France sous Louis XV, publiée en 1718-1721 ; Limiers a traité le même sujet C1717), il mourut en
2. Philippe de Courcillon, marquis de Dangeau, membre de l'Académie française, à qui Voltaire a dédié sa cinquième satire Sur la noblesse, naquit en t638 et mourut en 1720. « Tout cliamarré d'ordres, de cordons et de ridicules », a dit Saint-Simon, et contrefaisant les grands seigneurs, il ne manquait cependant ni de goût, ni d'esprit. Il aimait les lettres et ceux qui les cultivent. Ses volumineux mémoires, écrits jour par jour, pleins desplus minces détails du grand règne, et respirant pour le roi une admiration qui tient de l'idolâtrie, n'ont été complètement imprimés qu'en 1854. Ils s'étendent de 1GS4 à 17lb. Voltaire les a consultés en manuscrits.