Notamment à M. de Caumartin
— Voir pages 16 et 63, notes 4 et S.
4. Fils deLouvois, né en 1668, mort en 1701, succéda à son père dans le ministère de la guerre, mais sans le remplacer. Esprit supérieur, ayant l'intelligence des affaires, trop enclin au plaisir, il mourut d'épuisement.
5. Auteur d'une Histoire de l'Académie française, depuis 1633 jusqu'en 1633, défenseur éloquent de Fouquet en 1661, Pellisson devint historiographe du roi en 1663 et abjura le protestantisme en 1670. Il n'est resté que des fragments de son Histoire de Louis XI\. (Né en 1624, il mourut en
6. Personnage inconnu, enfermé d'abord à Pignerol en 1662 ou 1666, transféré à la Bastille en 1698, où il mourut en 1701. 11 portait un masque noir en fer, selon les uns, en velours, selon d'autres. Tout ce qui aurait pu fournir quelque renseignement ou quelque indice sur ce personnage a été supprimé de son vivant et à l'époque de sa mort. Les conjectures varient sur ce qui le concerne : aucune
Il y a une espèce de mémorial, écrit de la main de Louis XIY, qui doit, être dans le cabinet de Louis XY. M. Hardion^ le connaît sans doute; mais je n'ose en demander communication.
Sur les affaires de l'Eglise, j'ai tout le fatras des injures de parti, et je tâcherai d'extraire une once de miel de l'absinthe des Jurieii^, des Quesnel, des Doiicin, etc.
Pour le dedans du royaume, j'examine les mémoires des intendants % et les bons livres qu'on a sur cette matière. M. l'abbé de Saint-Pierre * a fait un journal politique de Louis XIY que je voudrais bien qu'il me confiât. Je ne sais sil fera cet acte de bienfaisance ' pour gagner le paradis.
A l'égard des arts et des sciences, il n'est question, je
n'est certaine, et le mystère est resté impénétrable.
1. Membre de l'Aoadémie française et de l'Académie des inscriptions, professeur d'iiistoire de mesdames de France, au leur d'une Histoire universelle puhhéc de 1754 à 1769. Né en 1686, il mourut en 1766.
2. Jurieu, théologien et controversiste protestant, né en France, réfugié en Hollande, à Rotterdam. Sectaire violent, il attaqua les catholiques et les proteslants, Fénelon, Bossuet, Arnauld, Basnage, Saurin et Bayle. Né en 1639, il mourut en 1713. — Questipl, de l'Oratoire, alla rejoindre Arnauld à Bruxelles eu 16S4 et devint, après sa mort, le chef du jansénisme en 1694. Ses Réflexions morales sur le nouveau Testarnont furent condamnées dans la Bulle Uaigenitus en 1713 : né en 1634 il mourut en 171. *). Le P. Doucin, de la compagnie de Jésus, mort en 1736, auteur d'une Histoire sur les progrès du jansénisme en Hollande, fut un des plus ardents défenseurs de la Bulle Unigcnitus.
3. Agents royaux, chargés de veiller, dans les provinces, à l'administration de la justice, de la police et des finances. Us y représentaient le pouvoir central. Hichelieu organisa cette institution en 1636 : supprimée pendant la Fronde, elle fut rétablie
en 1654. En 1789, il y avait trentedeux intendances.
4. L'abbé de Saint-Pierre, né en 1658, vivait encore en 1738; il ne mourut que cinq ans plus tard. C'était un philanthrope et un utopiste dont on a appelé les projets « les rêves d'un homme de bien » ; beaucoup de ces utopies ont été réalisées depuis un siècle, mais il en est qui sont restées impraticables. Il publia, entro antres écrits, un Projet de paix perpétuelle (.-n 1713, un discours sur laPolysynodie (1718)ûù il juge Louis XIV.
On a imprimé de lui, en 1757, des Annales politii/ues : c'est, sans doute, l'ouvrage auquel Voltaire fait allusion.
5. Mot créé, où tout au moins accrédité et introduit dans la langue par l'abbé de Saint-Pierre. <■ L'idée que ce mot exprime était autrefois rendu par beneficence : « Pour honorer sa libéralité et beneficence par cette souvenance éternelle.» (.\myot, Fuhliro/a, XXXVI.) Une se trouve dansle dictionnaire de l'Académie qu'à partir de 174i (Littré). Voici l'un des passages où l'abbé de Saint- Pierre s'est .servi de ce terme nouveau : • Les lois doivent tendre à inspirer le travail, l'économie, l'équité, la bienfaisance.»
(Mémoire pour diminuer les impôts.) Voltaire a dit ailleurs : « Certain législateur vient de créer un mot qui manque à Vaugelas; ce mot est bienfaisance,\\ me plait. » [DIc, 7.)
crois, que de tracer la marche de l'e^^prit humain en philosophie, en éloquence, en poésie, en critique; de marquer les progrès de la peinture, de la sculpture, de la musique, de l'orfèvrerie, des manufactures de tapisserie, de glaces, d'étoffes d'or, de l'horlogerie. Je ne veux que peindre, chemin faisant, les génies qui ont excellé dans ces parties. Dieu me préserve d'employer trois cents pages à l'histoire de Gassendi * ! La vie est trop courte, le temps trop précieux , pour dire des choses inutiles.
En un mot, monsieur, vous voyez mon plan mieux que je ne pourrais vous le dessiner. Je ne me presse point d'élever mon bâtiment :
Fendent opéra inîernipta, minœque
Murorum ingénies
Si vous daignez me conduire, je pourrai dire alors :
Mquataque machina cœlo.
Enéide, iv, 88.
Voyez ce que vous pouvez faire pour moi, pour la vérité, pour un siècle qui vous compte parmi ses ornements.
A qui daignerez-vous communiquer vos lumières, si ce n'est à un homme qui aime sa patrie et la vérité, et qui ne cherche à écrire l'histoire ni en flatteur, ni en panégyriste, ni en gazetier, mais en philosophe? Celui qui a si bien débrouillé le chaos de l'origine des Français m'aidera sans doute à répandre la lumière sur les plus beaux jours de la France. Songez, monsieur, que vous rendrez service à votre disciple et à votre adniirateur.
Je serai toute ma vie, avec autant de reconnaissance que d'estime, etc.
1. Gassendi, mathématicien et philosophe, adversaire de Descartes et partisan de la doctrine d'Epicure sur les atomes; il soutint que toutes les idées viennent des sens, contrairement
à la théorie cartésienne sur les idées innées. Né en 1592, il mourut en 1656. Sorbière écrivit en ITiIS une vie de Gassendi.
LETTRE XLix. — A M. L'ABBÉ MOUSSINOT*.
Cirey, ce 4 décembre 1733.
Partit hier par le carrosse de Joinville- un paquet plat, contenant une pièce peut-être fort plate ; je l'adresse à M. l'abbé Moussinot; mais comme les jansénistes n'aiment point les pièces de théâtre, elle est destinée à un honnête jésuite, nommé le P. Brumoy % qui demeure rue Saint-Jacques. Il faut, s'il vous plaît, mon cher abbé, que ce manuscrit soit rendu en main propre au jésuite, avec serment, sans restriction mentale, que copie n'en sera point tirée et que le manuscrit sera remis au greffe deSaint-Merry*.
J'avertis mon chanoine janséniste qu'il peut lire l'ouvrage à toute force :
Premièrement, parce que la pièce est sans amour ^ ;
Secondement, parce qu'étant probablement ennuyeuse, elle pourra passer pour le huitième des psaumes pénitentiaux *.
Sur ce, je vous embrasse et suis à vous '',
1. Cette lettre, travaillée et modifiée, comme tonte» celles de celte correspondance spéciale, par l'abbé Duvernet(v. page 80, notes 2 et 3), est datée d'octobre dans l'édition de Beuchot où elle porte le n» DCCIX Nous donnons la date vraie et le texte original.
2. Nous ne publions pas la lettre entière, mais seulement le passage complet et exact, de cette lettre, qui concerne l'envoi de Mérope. Ce passage est précédé et suivi de détails relatifs aux aflaires financières, « au temporel • de Voltaire, et ces détails, assez longs, nous ont paru moins intéressants pour nos lecteurs que les afTaires • du spirituel •.
3. Le P. Brumoy, né en 1688, mourut en 174:!. Après avoir longtemps professé dans les collèges de la compagnie de Jésus, il collabora à la rédaction du Journal de Trévoux et publia en 1730 une traduction plus
que médiocre des tragiques grecs, sous ce titre : Théâtre des Grecs.
4. L'abbé Moussinot était chanoine de Saint-Merry et trésorier du chapitre. — Le « greffe » est le lieu d'un tribunal où l'on dépose les minutes, c'est-à-dire le texte original des actes de procédure, dont copie est délivrée aux plaideurs. Oii voit pourquoi Voltaire emploie ici, par métaphore, cette expression pour désigner les archives ou la caisse du chapitre où doit être remis et déposé « Toriginal » de sa pièce.
0. Toute la tragédie roule sur l'amour de Mérope pour son filg. — Voir