LETTRE LU. — AU MÊME
Cirey, 2 janvier 1739.
Mon très cher abbé,
Une compote de marrons glacés, de dragées et de louis d'or, est arrivée avec tant de mélange, de bruits et de
1. La maison de Lorraine était une des plus anciennes maisons souveraines de l'Europe; ses membres prenaient le titre d« prince. L'expression sérénissime s'appliquait ordinairement aux princes de la famille royale, dans les branches collatérales. La famille de Guise était alliée à la maison de France et à celle d'Ecosse.
2. A six kilomètres au sud de Paris, sur la Bièvrc. Le prince de Guise y possédait de superbes jardins.
3. En ITii", le cardinal de Fleury avait réduit de moitié les rentes de?
particuliers placées sur l'hôtel de ville, c'est-à dire sur l'Etat. — V. Lettns deAP^'Aîssé, p. 117, 160. (Edit. de 1844.)
4. Henri I'' de Lorraine, duc de Gnise, surnommé le Balafré, né en 1550, fut assassiné à Blois par ordre
d'Henri lll. 11 avait soulevé le peuple de Paris contre le roi dans la journée des barricades (12 mai 1588.)
5. Hoirs, vieux mot tiré du latin hxres : héritiers. Il est resté avec son dérivé hoirie (héritage), dans le style de la pratique.
6. La Correspondance générale de Voltaire (édition Beuchot) comprend une lettre adressée au prince de Guise (n"> 631), sur ces mêmes questions d'intéjêt, et datée arbitrairement du mois de mars 1738. Cette lettre, publiée en 1781 par IJuvernet, parait avoir été fabriquée par lui ainsi que plusieurs autres lettres du même recueil. Aucune de ces pièces ne se trouvent dans la correspondance authentique de Voltaire avec Moussinot.
— V. Courtat, Les vraies lettres de Voltaire, etc. (1875), p. xviii, xxvii.
sassements * continuels, que la boîte a crevé. Tout ce qui n'était pas or est en cannelle% et cinq louis d'or se sont échappés dans les futailles ; ils ont fui si loin qu'on ne sait où ils sont. Bon voyage à ces messieurs. Quand vous ferez tant, mon cher ami, de m'en envoyer encore cinquante, pour Dieu ! mettez-les à part, bien empaquetés, à l'abri des culbutes.
Je vous demande mille pardons, mais ma délégation' est un droit, et ce serait l'infirmer que de le soumettre au prince de Guise : point de politesses dangereuses.
Je vous recommande dans quelques jours les Lezeau, les d'Auneuil *. Il est bon de les accoutumer à un paiement exact, et de ne leur pas laisser contracter de mauvaises habitudes.
Je recommande la Mérope, la lettre au P. Porée, l'envoi à M. de Cideville^
Vous pourrez recevoir ce mois-ci demonfrè-re% de M. Clément, de M. le duc de Villars, de M. d'Auneuil, de M. d'Estaing, de M. de Lezeau \
Vale, et 7ws ama ^.