Pierre Corneille eut six enfants
deux elles du nom de Marie et dt; Marguerite, et quatre fils. Le premier, Pierre Corneille, né en 1643, mort en 1698, fut capitaine de cavalerie et gentilhomme ordinaire du roi; le second (dont le prénom est inconnu), lieutenant de cavalerie, tué en 1674; le troisième, Charles, mort à quatorze
ans, en 1667; le dernier, Thomas, abbé d'Aiguevive, mort en 1699.
a. En 16b9. Racine, âgé de vingt ans, célébra le mariage de Louis XIV dans une ode intitulée la Nymphe de la Seine. Colbert accorda à Tauleur une pension de six cents livres.
6. Marly, à huit kilomètres de Versailles, à dix-huit kilomètres de Paris, sur la rive gauche de la Seine. Le château avait été construit par Mansart. La machine de Marly, qui élevait l'eau de la Seine à 162 mètres fut construite de 1675 à 1682.
7. Il était gentilhomme ordinaire de la chambre du roi : Voltaire obtint ce titre en 1745. — Ce que l'auteur de cette lettre ne dit pas, c'est que Ra-i cine, en 1697, tomba dans la défaveur du roi, pour lui avoir présenté, par le conseil de M"" de Maintenon, un mémoire sur les souffrances du peuple; cette disgrâce le tua.
c'est beaucoup de faire des fondations, c'est quelque chose de les soutenir ; mais s'en tenirà ces établissements, c'est souvent préparer les mêmes asiles pour l'homme inutile et pour le grand homme ; c'est recevoir dans la même ruche l'ubeille et le frelon.
Louis XIV songeait à tout; il protégeait les Académies % et distinguait ceux qui se signalaient. Il ne prodiguait point ses faveurs à un genre de mérite, à l'exclusion des autres, comme tant de princes qui favorisent, non ce qui est bon, mais ce qui leur plaît; la physique et l'étude de l'antiquité attirèrent son attention. Elle ne se ralentit pas même dans les guerres qu'il soutenait contre l'Europe ; car, en bâtissant trois cents citadelles, en faisant marcher quatre cent mille soldats, il faisait élever l'Observatoire*, et tracer une méridienne ^ d'un bout du royaume à l'autre, ouvrage unique dans le monde. Il faisait imprimer dans son palais les traductions des bons auteurs grecs et latins * ; il envoyait des géomètres et des physiciens au fond de l'Afrique et de l'Amérique chercher de nouvelles connaissances. Songez, milord, que, sans le voyage et les expériences de ceux qu'il envoya à Cayenne, en 1672 ^, et sans les mesures de M. Picard % jamais Newton n'eût fait ses découvertes sur l'attraction.
1. L'Académie des Inscriptiûiis et belles-lettres iui fondée en 1663; celle des Sciences, en 1666; celle d'Architecture en 1671.
t. Claude Perrault en fut rarchitccte et réleva de 1667 à 1672.
3. Ligne qu'on suppose tracée sur la surface d'uu pays dans le plan d'un méridien déterminé. — Un méridien est un grand cercle de la sphère qui, passant parlespùles de la terre et par un lieu convenu (Paris, par exemple, pour la France) coupe le globe terrestre en deux parties, l'une à l'est, routre à l'ouest, et sert à déterminer la longitude et la latitude, c'est-àdire la position terrestre des lieux de ce pays. Chaque peuple prend ordinairement pour terme de comparaison le méridien qui passe par sa capitale.
4. La collection des classiques latins annotés, en 64 volumes, connue sous ce titre ad usiim Delphini, fut
faite pour le grand dauphin et par ordre de Louis XIV. Elle coûta 400,000 livres.
5. Richer alla à Cayenne vérifier les calculs de Cassini, sur le méridien de Paris. 0 Ce voyage a été Torigine de la connaissance de l'aplatissement de la terre, démontré depuis par le grand Newton. » {Siècle de Louis XIV, ch.
xxxi.)
6. Illustre astronome, né à La Flèche, en 1620, mort en 1684, Tun des fondateurs de l'Observatoire et l'un des premiers membres de l'Académie des sciences. 11 fit le voyage d'Uranienbourg, en 1671, pour déterminer la longitude et la latitude de l'observatoire construit en 1580 par Tycho- Brahé entre Copenhague et Elseneur; il en ramena Rœnier qui enseigna les mathématiques au grand dauphin. On a de lui un grand nombre de travaux sur les Mesures de la terre et sur les Observations astronomiques.
Regardez, je vous prie, un Cassini et un Tluygens % qui renoncent tous deux ta leur patrie qu'ils honorent, pour venir en France jouir de l'estime et des bienfaits de Louis XIV. Et pensez-vous que les Anglais mômes ne lui aient pas d'obligation? Dites-moi, je vous prie, dans quelle cour Charles II puisa tant de politesse et tant de goût -. Les bons auteurs de Louis XIV n'ont-ils pas été vos modèles? N'est-ce pas d'eux que votre sage Addison % l'homme de voire nation qui avait le goût le plus sûr, a tiré souvent ses excellentes critiques? L'évêque Burnet* avoue que ce goût, acquis en France par les courtisans de Charles II, réforma chez vous jusqu'à la chaire, malgré la différence de nos religions; tant la saine raison a partout d'empire! Dites-moi si les bons livres de ce temps n'ont pas servi à l'éducation de tous les princes de l'empire. Dans quelles cours de l'Allemagne n'a-t-on pas vu des théâtres français? Quel prince ne tâchait pas d'imiter Louis XIV? Quelle nation ne suivait pas alors les modes de la France?
Vous m'apportez, milord, l'exemple du czar Pierre-le- Grand % qui a fait naître les arts dans son pays, et qui est le créateur d'une nation nouvelle; vous me dites cependant que son siècle ne sera pas appelé dans l'Europe le Siècle du czar Pierre; vous en concluez que je ne dois pas appeler le siècle passé le Siècle de Louis XIV. Il me
1. Cassini, né à Nice en 1625, mort à Paris en 1712. Il fut anpelé en France par Colbert en 1669, naturalisé en 1673 et nommé membre de l'Académie des sciences. II organisa l'Observatoire et continua la mesure du méridien de Paris commencée par Picard. Avant de venir à Paris, il avait professé à Bologne. — Huygens, mathématicien et astronome,' né à La Haye en 1629, morten 1695. LouisXIV le nomma membre de l'Académie des sciences, lui donna um pension et un logement à la bibliothèque du roi. — A la révocation de l'édit de Nantes, il retourna dans sa patrie.
2. Charles II, né en i630, mort en 1683, avait été rétabli par Monck en 1C60. 11 fut l'allié de Louis XIV. surtout dans les premières années de son
règne, et l'ami de la France dont il recevait une pension. L'influence littéraire de notre pays se ût sentir à l'Angleterre en même temps que l'ascendant de la politique et des armes françaises.