Addison. V. page 136, note
4. Burnet (Gilbert), évêque de Salisbury, né en 1643, mort en 1715, zélé partisan de la révolution de 16SS et du prince d Orange. On a de lui cinquante-huit sermons et plusieurs ouvrages, entre autres une Histoire de mon temps, publiée en 1724 et traduite en français dès l'année suivante.
5. Pierre le Grand, né en 1672, fut czar ou tsar de Russie, de 1682 à 17:!a. Il visita la France en 1717.
semble que la différence est bien palpable. Le czar Pierre s'est instruit chez les autres peuples; il a porté leurs arts chez lui; mais Louis XIV a instruit les nations; tout, jusqu'à ses fautes, leur a été utile. Des protestants, qui ont quitté ses États, ont porté chez vous-mêmes une industrie qui faisait la richesse de la France. Comptez-vous pour rien tant de manufactures de soie et de cristaux? Ces dernières surtout furent perfectionnées chez vous par nos réfugiés, et nous avons perdu ce que vous avez acquis.
Enfin la langue française, milord, est devenue presqu la langue universelle. A qui en est-on redevable? Étaitelle aussi étendue du temps de Henri IV? Non, sans doute ; on ne connaissait que l'italien et l'espagnol. Ce sont nos excellents écrivains qui ont fait ce changement. Mais qui a protégé, employé, encouragé ces excellents écrivains? C'était M. Colbert ^, me direz-vous; je l'avoue, et je prétends bien que le ministre doit partager la gloire du maître. Mais qu'eût fait un Colbert sous un autre prince, sous votre roi Guillaume', qui n'aimait rien, sous le roi d'Espagne Charles II ', sous tant d'autres souverains ?
Croiriez-vous bien, milord, que Louis XIV a réformé le goût de sa cour en plus d'un genre? Il choisit Lulli * pour son musicien, et ôta le privilège à Cambert % parce que Cambert était un homme médiocre, et Lully un
1. Né en 1619, mort en 1683. Contrôleur-général des finances, ministre et secrétaire d'Etat, à partir de 1661, Colbert pendant vingt-deux ans donna la plus puissante et la plus heureuse impulsion à l'industrie, à la marine, au commerce intérieur et extérieur, aux arts, aux lettres et aux sciences; il fut l'inspirateur ou l'auxiliaire des vues les plus heureuses et les plus fécondes du roi. Les académies de peinture et de sculpture, des inscriptions et belles-lettres, des sciences, l'école des langues orientales, le cabinet des médailles, l'observatoire sont au nombre de ses créations.
2. Guillaume III régna de 1688 à 1702. Prince taciturne, patient, énergique, il fut surtout homme de guerre et politique habile, adversaire tenace
et redoutable de la grandeur de Louis XIV.
3. Charles II, né en 1661, régna quinze ans, de 1665 à 1700. L'Espagne déclina et s'affaiblit sous l'administration de ce prince dégénéré. Il légua ses états au duc d'Anjou, petitlils de Louis XIV.
4. Lulli, né à Florence en 1633 fut nommé surintendant de la musique du roi en 1661 et obtint en 1672 le privilège de l'Académie royale de musique. Il composa, dans l'espace de quinze ans, dix-neuf opéras, dont Quinault fournissait les paroles. Il mourut en 1687.
5. Surintendant de la musique d'Anne d'Autriche, Cambert avait obtenu, en 1669, avec l'abbé Perrin, le privilège de l'Académie royale de mu-
homme supérieur. Il savait distinguer l'esprit du génie; il donnait à Quinaull les sujets de ses opéras; il dirigeait les peintures de Lebrun ^ ; il soutenait Boileau, Racine et Molière contre leurs ennemis; il encourageait les arts utiles comme les beaux-arts, et toujours en connaissance de cause : il prêtait de l'argent à Yan Robais ' pour établir ses manufactures ; il avançait des millions à la compagnie des Indes ', qu'il avait formée ; il donnait des pensions aux savants et aux braves officiers. Non seulement il s'est fait de grandes choses sous son règne, mais c'est lui qui les faisait. Souffrez donc, milord, que je tâche d'élever à sa gloire un monument que je consacre encore plus à l'utilité du genre humain.
Je ne considère pas seulement Louis XIV parce qu'il a fait du bien aux Français, mais parce qu'il a fait du bien aux hommes ; c'est comme homme, et non comme sujet, que j'écris ; je veux peindre le dernier siècle, et non pas simplement un prince. Je suis las des histoires où il n'est question que des aventures d'un roi, comme s'il existait seul, ou que rien n'existât que par rapport à lui; en un mot, c'est encore plus d'un grand siècle que d'un grand roi que j'écris l'histoire.
Péiisson * eût écrit plus éloquemment que moi; mais il était courtisan, et il était payé. Je ne suis ni l'un ni
siqiie; il fit représenter en 1671 le premier opéra français régulier, intitulé Pomone. Dépossédé de son privilège par Lulli, en 1672, il mourut de chagrin à la cour de GUar'es II, en 1677. 11 était né en 1628.
1. Un des grands peintres de l'école française, né en 1619, mort en 16r»0. Fouquet lui avait donné une pension de 12,000 livres; Mazarin le présenta à Louis XIV, et Col boit le fit nommer premier peintre du roi, en 1662. Il fut investi d'une sorte de dictature sur les arts dont Mignard, protégé de Louvois, le déposséda, en partie, après la mort de Colbert.
2. Van hobnis, né à Courtrai en 1630, mourut à Abbuville en 1685.
Culbcrt le fit venir de Midlebour;:.
Avec l'aide de cinquante ouvriers hollandais qu'il avait amenés. Van Robais établit à Abbeville. en 1665, une
manufacture de draps fins que nous étions obligés, auparavant, de tirer d'Angleterre et de Hollande. Le roi avançait au manufacturier 2,000 livres par chaque métier battant, outre des gratifications considérables. Il lui fut permis d'associer à ses travaux des gentiisiiommos, en créant une exception à la maxime féodale que « le commerce déroge. » Van Robais eut bientôt cent métiers battants et douze cents ouvriers. C'est à son industrie que Boileau. dans i'épitre première, écrite en 1668, fait allusion par ces vers fameux :
Et nos voisins frustrés de ces tributs ser-
[viles
Que payait à leur art 1<^ luxe de nos
(V. 148.) [villes.
3. Cette compagnie, fondée en 1664, reçut du roi plus de six millions.