Le régiment de Vauvenargues y tenait garnison
6. Premier gentilhomme de la chambre du roi, pair de France, le duc de Duras, né en 1715, mort en 1789, avait été aide de camp de Villars en 1734, et il le fut de Louis XV à Fontenoy. Il prit part, sans éclat d'ailleurs, à toutes les guerres de ce siècle et obtint le bâton de maréchal de France. Il entra à l'Académie fraa-
d'esprit, qui, d'ailleurs, éUait capitaine au régiment du Roi ; il devina aussitôt M. de Yauvena^gues^ Il serait en effet fort difficile, monsieur, qu'il y eût deux personnes capables d'écrire une telle lettre; et, depuis que j'entends raisonner sur le goût, je n'ai rien vu de si fin et de si approfondi que ce que vous m'avez fait l'honneur de m 'écrire.
11 n'y avait pas quatre hommes dans le siècle passé qui osassent s'avouer à eux-mêmes que Corneille n'était souvent qu'un déclamateur ^; vous sentez, monsieur, et vous exprimez cette vérité en homme qui a des idées bien justes et bien lumineuses ^. Je ne m'étonne point qu'un esprit aussi sage et aussi fin donne la préférence à l'art de Racine, à cette sagesse toujours éloquente, toujours maîtresse du cœur, qui ne lui fait dire que ce qu'il faut et de la manière dont il- le faut * ; mais, en même temps, je suis persuadé que ce même goût, qui vous a fait sentir si bien la supériorité de l'art de Racine, vous fait admirer le génie de Corneille, qui a créé la tragédie dans un siècle barbare. Les inventeurs ont le premier rang, ajuste Litre, dans la mémoire des hommes. Newton^ en savait assurément plus qu'Archimède ^ ;. cependant les É qui pondérants d'Archimède seront à jamais un ouvrage admirable. La belle scène d'Horace et de Curiace%
l.Le 10 février précédent, Voltaire avait écrit à Vauvenarf^ues : « J'ai eu le plaisir de dire à M. Anielol (ministre des affaires étrangères) tout ce que je pense de vous. Il sait son Dérnostlièues par cœur, il faudra qu'il sache son Vauvenargues. »
2. La Bruyère avait écrit, au sujet de Corneille, dans ses Caractèrea (16S7-1696) : t Dans quelques-unes de Ses meilleures pièces, il y a des fautes inexcusables contre les mœurs (dramatiques), un style de déclamateur qui arrête l'action et la fait languir. » [Ouvrages de l'esprit.)
3. Dans ses Réflexions sur rart dramatique et dans ses l'ortruits de Corneille et de ilacin'i (V. Edition de 1857, t. I, p. 239-253;.
4. La Bruyère : « Racine est égal, soutenu, toujours le même j)artùut.
Suit pour le dessein et la conduite de
ses pièces, qui sont justes, régulières, prises dans le bon sens et dans la nature ; soit pour la versification, qui est correcte, riche dans ses rimes, élé gante, nombreuse, harmonieu.se... »
[Ibid.).