Horace
Vc?uua uhi plura nitent iu carminé, non [ego paiiciâ Ouendar inaculls...
(Art ijoétiquc, t. 351.)
cœur ; le mien est pénétré de l'état où vous êtes. Puissent les belles-lettres vous consoler ! elles sont en effet le charme de la vie quand on les cultive pour elles-mêmes, comme elles le méritent ; mais, quand on s'en sert comme d'un organe de la renommée, elles se vengent bien de ce qu'on ne leur a pas offert un culte assez pur, elles nous suscitent des ennemis qui persécutent jusqu'au tombeau*. Zoïle * eût été capable de faire tort à Homère vivant. Je sais bien que les Zoïles sont détestés, qu'ils sont méprisés de toute la terre, et c'est là précisément ce qui les rend dangereux. On se trouve compromis, malgré qu'on en ait% avec un homme couvert d'opprobres.
Je voudrais, malgré ce que je vous dis là, que votre ouvrage fût public; car, après tout, quel Zoïle pourrait médire de ce que l'amitié, la douleur, et l'éloquence ont inspiré à un jeune officier ; et qui ne serait étonné de voir le génie de M. Bossuet à Prague? Adieu, monsieur ; soyez heureux, si les hommes peuvent l'être, je compterai parmi mes beaux jours celui où je pourrai vous revoir.
Je suis avec les sentiments les plus tendres, etc.