‹ Lettres choisiesChapitre 157 sur 456 · Virgile, £'gr · texte numérisé non relu

Virgile, £'gr

2. Dom Calmet, savant historien et exégète distingué de la congrégation des Bénédictins de Saint- Vannes.

11 était né en 1672 près de Commercy; il mourut en 1757. Il avait publié un profond Commentaire sur l'ancien et le nouveau Testament, en 1707, une Histoire universelle sacrée et profane, en 1735, sans compter une histoire de la Lorraine qui parut en 1728.

L'abbaye de Sénones, fondée en 661, était dans une petite ville de deux mille habitants, ancienne capitale de la principauté de Salm, et anjourd'hui chef-lieu de canton du département des Vosges, à 25 kilomètres de Saint- Dié. — Dom Calmet avait fait un gros livre in-folio pour prouver Tancienneté de la noblesse des du CUùtelet,

l'une des bonnes maisons de Lorraine.

3. Voltaire avait quitté Paris et Versailles au mois de janvier 1747, et était retourné à Girey. De là il accompagna M. et M"» du Châtelet à Lunévillo, à la Cour du roi Stanislas où le marquis sollicitait un commandement en Lorraine.

4. Allusion aux deux célèbres ermites qui fondèrent la vie monastique en Orient. Paul l'anachorète naquit dans la haute Egypte en 229 et vécut dans le désert depuis l'âge de 22 ans jusqu'à l'âge de 113 ans. Saint Antoine le Grand, né dans le même pays en 251, s'enfuit dans le Thébaïde à l'âge de 20 ans et y mourut en 365 à 105 ans. C'est lui qui recueillit les restes inanimés de Paul et les ensevelit.

VOUS voudrez bien me recevoir en solitaire; en ce cas, je profiterai de la première occnsion que je trouverai ici pour aller dans le séjour de la science et de la sagesse '. J'ai l'honneur, etc.

LETTRE LlïX. — A M. LE COMTE D'I^RGENTAL 2.

A Lunéville', le 15 août 1748.

Souffrirez-vous, mon ange gardien *, qu'on habille notre ombre * de noir, et qu'on lui donne un crêpe comme dans le Double veuvage ^? Mon idée, à moi, c'est qu'elle soit toute blanche, portant cuirasse dorée, un sceptre à la main et couronne en tête. En fait d'ombre, il faut m'en croire; car j'ai l'honneur de l'être un peu, et je le suis plus que jamais. Je me flatte que M'"'' d'Argental ne l'est pas, et qu'elle a rapporté des eaux ' cette santé brillante, ou du moins ce tour de santé que je lui ai connu. Nous voici actuellement h Lunéville ; je pourrai bien venir vous faire ma cour à tous deux % et vous remercier, si vous faites la fortune de Scmiramis.

1. Le 4 mars suivant, M"" du Cliàlelet écrivait de Lunéville, à dom Calmet : « Nous allons demain à la xMalgrange. M. de Voltaire compte qu'il vous ramènera. » Aucun de ces deux projets n'eut de suite. {Lettres de la marquise du Chàtelet, p. 466. Ed. de 1878.)

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