‹ Lettres choisiesChapitre 178 sur 456 · Darget souffrait des ycu · texte numérisé non relu

Darget souffrait des ycu

VOS nuits ne soient tristes. Je voudrais pouvoir vous consoler ; et si mes maux me donnent un peu de relâche, je viendrai vous dire, mercredi et jeudi, quel tendre intérêt je prends aux vôtres. Je vous supplie de bien faire mes compliments à M. le comte Algarotti* et à M. le marquis d'Argens*.

LETTRE XCII. — A Bl. DE VAUX 3.

Â. Potsdam, le 8 mai 1751

Mon cher Panpan * (car il n'y a pas moyen d'oublier le nom sous lequel vous étiez si aimable), le jour même que** je reçus vos ordres de servir votre ami (prière est ordre en ce cas); je courus chez un prince, et puis chez un autre, el les places étaient prises. J'écrivis le lendemain à la sœur d'un héros, à la digne sœur du Marc-Aurèle du Nord, pour savoir si elle avait besoin de quelqu'un d'aimable, qui fût à la fois de bonne compagnie et de service. Point de décision encore. Je comptais ne vous écrire que pour vous envoyer quelque brevet signé Wilhelmine%

1. Une sorte de Fontenelle italien, que Voltaire appelait le Cyrjne de Padoue, auteur de Dialogues élégamment écrits sur la philosophie, qu'il intitula : t le Newtonianisme des Dames. » Né à Venise en 1712, il était fils d'un marchand; il dut son titre de comte à Frédéric qui le nomma, en outre, son chambellan et chevalier de Tordre pour le Mérite. 11 avait visité Cirey en 1736. Algarotti retourna mourir en Italie, à Pise, en 1764.

i. Fils d'un procureur général au Parlement d'Aix, ce marquis, ué en 1704, était venu en Prusse après une série d'aventures qu'il a contées dans ses Mémoires (Paris, 1807) et qui forment une sorte d'épopée burlesque.

11 avait de l'cîiirit, une intarissable paieté,et du savoir. En 1738, il publia à Paris les Lettres Juives qui eurent un brillant succès. Frédéric le nomma son chambellan, directeurgénéral des belles-lettres de l'Académie, et lui fit présent d'une jolie maison de campagne & cent pas de Sans-Souci. 11 mourut en 1771.

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