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Sur Kœnig, V. page 132, note

— Kœnig était alois bibliothécaire du Stathoudher de Hollande et professeur de droit [)ublic à la Haye. Il avait le titre d'associé étranger de l'Académie de Berlin.

4. Ce mot rappelle un passage d'une lettre de d'Alembertà M^^du DefTand :

« La géométiie est ma femme, et je me suis remis en ménage (1753). — {Corresp. générale de la marqui.-e du DcHand.t. I, 165-17i.)

5. Paladins, (forme italienne do palatins), « chevaliers du palais » qui, dans les imitations romanesques que les Italiens ont faites de nos Chansons de Geste, suivent Gharicmagne à ia gueri-e.

6. Il s'agissait de la théorie » sur la moimlre quantité d'action que la iia- Inie observe toujours dans toul état d"c[uilibre aussi bien que dans la

du siècle passé, nommé Leibnilz*, dont vous ne vous souciez pas davantage, et lui fit voir que Leibnitz avait parlé de la même loi, et combattait son sentiment. Maupertuis% qui est plus occupé de ce qu'il croit intrigues de cour que de vérités géométriques, ne lut pas seulement les lettres de Leibnitz.

Le professeur do La Haye lui demanda permission d'exposer son opinion dans les journaux de Leipsick, et, avec cette permission, il réfuta, le plus poliment du monde, dans ces journaux, l'opinion de Maupertuis, et s'appuya de l'autorité de Leibnitz, dont il fit imprimer les fragments qui avaient rapport ta cette dispute. Voici ce qui est étrange :

Maupertuis, ayant parcouru et mal lu ce journal de Leipsick et ces fragments de Leibnitz, alla se mettre dans la tête que Leibnitz était de son opinion, et que Kœnig avait forgé ces lettres pour lui ravir, à lui Maupertuis, la gloire d'avoir inventé une bévue ^ Sur ce beau fondement, il fait assembler les académiciens pensionnaires dont il distribue les gages; il accuse formellement Kœnig d'être un faussaire, et fait passer un jugement contre lui, sans que personne opine, et malgré les oppositions du seul géomètre qui fût à cette assemblée*.

distribution des mouvements. » Dans son Essai de cosmologie, lu en séaniîe publique de l'Académie des sciences de Paris (15 avril 1744), Maupertuis s'était attribué la découverte de cette théorie.

1. Leibnitz, né en 1646 mourut en 1710. Sur ce philosophe, et sur la querelle des partisans de Leibnitz et des disciples de Newton, V. pages 9o et 112, notes 1 et 4. Kœnig était un ardent leibnitzien.

2. Un mémoire de Kœnig, écrit en latin et publié à Leipsig dans les Nova acta Eruditorum (mars 1751), citait un fragment de lettre de Leibnitz, en français (lettre adressée au professeur Hermann doBàle), où la théorie de la moindre quantité d'action éUii formulée. Cette lettre n'était qu'une copie.

Maupertuis, furieux de se voir enlever la gloire d'une découverte scienti- Gfjue, somma Kœnig d'en faire con-

LLTTU. cil. Dli VOLTAIRE.

naître l'original. Kœnig répondit simplement qu'il n'en possédait point le texte original et qu'il avait emprunté sa citation à une copie qu'il tenait, avec plusieurs autres lettres du pliilosophe, de Heuzy de Berne (poète et révolutionnaire suisse, décapité en 1749). Toutes les recherches faitesen Suisse et en Allemagne pourdécouvrir l'original furent sans résultats.

3. Récemment informé, et écrivant à une femme. Voltaire n'est pas très exact dans l'exposé de cette querelle que nous avons résumée dans les notes précédentes. L'affaire a été très bien éclairciepar M. Desnoiresterres, t. IV, p. 313-324.

4. La sentence de l'Académie de Berlin futretdue le 13 avril 1752, sur le rapport latin d'EuIer, à l'unanmiilé des vingt-deux membres présents. — 11 n'est pas exact que le seul géomètre qui fût à l'assemblée, et qui est Euler,

Il fit encore mieux; il ne se trouva pas au jugement ; mais il écrivit une lettre à l'Académie, pour demander la grâce du coupable *, qui était à La Haye, et qui, ne pouvant être pendu à Berlin, fut seulement déclaré faussaire et fripon géomètre, avec toute la modération imaginable^ Ce beaujugement est imprimé. A^oici maintenant le comble : notre modéré président écrit deux lettres à M""^ la Princesse d'Orange, dont Kœnig est le bibliothécaire, pour la prier de lui imposer silence, et pour ravir à son ennemi, condamné et flétri, la permission de défendre son honneur ^

Je n'ai appris que d'hier tous ces détails dans ma solitude. On ne laisse pas de voir des choses nouvelles sous le soleil ; on n'avait point encore vu de procès criminel dans une académie des sciences. C'est une vérité démontrée qu'il faut s'enfuir de ce pays-ci.

Je mets ordre tout doucement à mes affaires*. Je vous embrasse tendrement.

LETTRE XCVUI. — A LA WÊNIE.

A Borlin, le 18 décembre 1752.

Je vous envoie, ma chère enfant, les deux contrats du duc de Wurtemberg ^ ; c'est une petite fortune assurée

eût protesté. Ce qui est vrai, c'est qu'il était, sur vingt-deux académiciens, le seul juge compétent.

1. Assertion vraie. Mauperluis, en persécutant Kœnig dont la bonne foi était manifeste, essaya de se donner des airs de mansuétude et de générosité.

i. Le savant éditeur moderne des œuvres de Leibnitz, M. Geihardt, se déclare « parfaitement convaincu que le fragment en question, style et contenu, est bien de Leibnitz en personne, ce contenu reparaissant tn.s souvent dans ses mémoires et ses lettres. ■ — Desnoiresterres, ibid.

3. Kœnig donna sa démission d'associé étranger de l'Atadcmie (18 juin 1752) et, au mois de stptembre suivant, lança un formidable faclum, divisé en trois parties, sous ce titre : Appel au public du jugement de l'Académie royale de Berlin. « Cet ouvrage est

parfaitement bien fait, écrivait Voltaire le \" octobre; l'innocence et la raison y sont victorieuses. »

4. V. page 210, note 2. — Ajoutons que Voltaire ne tarda pas à entrer dans la querelle en prenant fait et cause pour Kœnig. 11 publia le 18 septembre 1752, une Réiionse (anonyme) d'un académicien de Berlin à un académicien de Paris, où se trouvaient condensées, en deux pages, les accusations les plus graves contre Maupcrtuis. Peu de temps ajtrès parut la Diatribe du docteur Akakia qui couvrit Maupertuis de ridicule. On en vendit en un seul jour six mille exemplaires à Paris. Frédéric, irrité de ces attaques, fit brûler par le bourreau l'ouvrage de Voltaire, le 24 décembre 1752, dans les carrefours de Berlin.

La Gazette officielle mentionna l'exécution en qualifiant la Diatribe « d'horrible pamphlet ».

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