Sur le sens de ce mot.V. p. 163, note
gcait ni serments, lù fonctions, ni naturalisation. On n'est point sujet d'un roi pour porter son ordre.
Il y aurait bien de l'injustice à ne pas me regarder comme Français, pendant que j'ai toujours conservé ma maison à Paris, et que j'y ai payé la capitation *. Peuton prétendre sérieusement que l'auteur du Siècle de ZoifisX/F n'est pas Français? Oserait-on dire cela devant les statues de Louis XIV et de Henri IV; j'ajouterai môme de Louis XV, parce que je suis le seul académicien qui fis son Panégyrique quand il nous donna la paix? et lui-même a ce Panégyrique traduit en six langues ^
Il se peut faire que Sa Majesté prussienne, trompée par mon ennemi et par un mouvement de colère, ait irrité le roi mon maître contre moi ; mais tout cédera à sa justice et à sa grandeur d âme. Il sera le premier à demander au roi mon maître qu'on me laisse finir mes jours dans ma patrie; il se souviendra quïl a été mon disciple, et que je n'emporte rien d'auprès de lui que l'honneur de l'avoir mis en état d'écrire mieux que moi. Il se contentei a de cotte supériorité, et ne voudra pas se servir de celle que lui donne sa place, pour accabler un ciranger qui l'a enseigné^ quelquefois, qui l'a chéri et respecté toujours. Je ne saurais lui imputer les lettres qui courent contre moi sous son nom * ; il est trop grand et trop élevé pour outrager un particulier dans ses lettres; il sait trop comme un roi doit écrire, et il con-
1. Impôl personnel, qui se prf;lève pnr tèle. Ulablie pour la inemicrc fois, mais temporairement, par ks Etats généraux en I3û6, elle fut décrétée par I.oiiis XI V en 1095 : on divisa les Fiançais en vingt-deux classes, d'après leur état et leur qualité. Suppiimc'! en 16'JS, elle fut rétablie en 1701 et dura jusqu'en 1789. Ou l'a remplacéc.dans le système moderne, par la conlribulion personnelle et mobilière.
2. Punéfjyrique de Louis XV, fondé sur les fiiits et les éoéuemnils les plus intéress/mls, jusi/n'i-ti 1749; avec ce sous-lilre en lalin : Luduoico decmo
quinto, de livmano génère bene merito \iim.
3. Emploi très correct, mais aujourd'hui peu usité, de ce verbe. —
« Dans l'Eglise naissante, on enseignait les catéchumènes. » (Pascal.) u J'ai déjà dit que ce grand roi les enseigne (les princes) et en leur donnant et en leur ôtant leur pouvoir. »
(BossuET, Orais. fun. de Henriette de France.) « Nous avons ensc'gr.é ces braves insulaires. » (Voltaihk, Orphelin de la Chine, a. V, s. v.)
4. Milord Maréchal reçut do F'rédéric, au mois de juillet, une lettre où il exprimait ses regrets d'une violence aussi brutale qu'inulilo.
naît le prix des bienséances; il est né surtout pour faire connaître celui de la bonté et de la clémence. C'était le caractère de notre bon roi Henri IV; il était prompt et colère, mais il revenait. L'humeur n'avait chez lui que des moments, et l'humanité l'inspira toute sa vie.
Voilà, ma chère enfant, ce qu'un oncle, ou plutôt ce qu'un père malade dicle pour sa fille. Je serai un peu consolé si vous arrivez en bonne santé. Mes compliments à votre frère et à votre sœur*. Adieu; puissé-je mourir dans vos bras, ignoré des hommes et des roisi
12 mars l7o4.
J'ai eu quatre mille deux cent cinquante livres de rentes pour patrimoine; mes partages chez mes notaires en font foi ^ .
Le fond de presque tout ce patrimoine a été assuré à mes nièces par leurs mariages '.
Tout ce que j'ai eu depuis est le fruit de mes soins. J'ai réussi dans les choses qui dépendaient de moi, dans l'accroissement nécessaire de ma fortune * et dans quelques ouvrages. Ce qui dépend de l'envie et de la méchanceté des hommes a fait mes malheurs. J'ai toujours eu la précaution de soustraire à cette méchanceté une partie de
1. M"» de Fontaine. Son frère était rabbé Mignot, né vers 17^6, mort en 171)0. Conseiller clerc au Parlement de Paris, abbé commandataire de Seellières au diocèse de Troyes, auteur de quelques ouvrages bistori que» ma intenant oubliés, le neveu de Voltaire recueillit, comme on sait, les restes de son oncle en 1778, et les enselit en terre sainte, dans son abbaye. II figura dans le teslament de Voltaire pour un legs de 1UÙ,000 livres. « L'oncle est sec comme une allumette, écrivait Grimm dans sa Corri.spondance (t. v, p. 128), le ueveu est gros comme un tonneau ; l'oncle a des yeu.x d'aigle, le neveu a la vue basse. »
2. Voltaire était alors à Colmar. — De Francfort (juillet 1753), il avait gagné Strasbourg, par Mayence et
Manheim ; de là, il avait passé dans l'Ile Jar, chez la comte.-se de Lutzelbourg, travaillant aux Annales de l'Empire. Enfin, au mois d'octobre 1753, il s'était établi à Colmar, dans la maison d'un M. GoU, et y resta treize mois, ne sachant encore où il se fixerait, et espérant toujours que le ministère ne lui interdirait pas le séjour de Paris.
3. Son père était mort en 1722. Sur la fortune et la famille de M. Arouet, V. page 33, note 3. Il maria ses nièces en 1738. (Voir page 179, note o.) Il donna 30.000 livrt^s de dot à l'aînée et 25.000 livres à la cadette.
4. Sur cet accroissement de fortune, qui lui était nécessaire pour vivre indépendant et maître de ses loisirs.