‹ Lettres choisiesChapitre 244 sur 456 · V. page 39, note · texte numérisé non relu

V. page 39, note

5. Ils avaient été battus par Frédéric à Zorndorf, près de Gustrin, dans le Brandebourg, le 25 août 1758. Leur ;irmée, commandée par le général

Fermor, comptait 54,000 combattants et 100 canons; elle laissa 18.000 hommes sur le champ de bataille.

6. Cette ville, de l'Amérique da Nord, fait aujourd'hui partie de l'Acadie ou Nouvelle-Ecosse. Elle fut enlevée deux fois aux Français en 1758.

Une flotte de 150 voiles, portant 14,000 hommes de débarquement, attaqua Louisbourg le 2 juin 1758; malgré l'héroïque défense du chevalier de Dracourt qui commandait une garnison de 2,800 soldats, la ville fut prise le mois suivant.

7. Le livre de l'Esprit venait de paraître. Le Parlement, la Sorbonne, l'archevêque de Paris le condamnèrent et le prohibèrent. Il fut brûlé par la main du bourreau. Cet ouvrage matérialiste était fort médiocre et les amis même de l'auteur en jugèrent ainsi : mais l'opinion publique, irritée contre le gouvernement et contre le clergé, lui fit un succès. — Sur Helvétius , ancien fermier - général, écrivain et poète amateur, ami de Voltaire, de Montesquieu, de Buffon, et Mécène généreux d'autres philosophes moins célèbres, voir page 119, note 1, — Helvétius était, en outre, maitre d'hôtel de la maison de la reine.

8. L'auteur du livre de V Esprit àésavoua deux fois, et fort humblement, son ouvrage : « Je reconnais ma faute dans toute son étendue, et je l'expie par le plus amer repentir... Dès qu'on

qu'on débite à Paris de fausses nouvelles et de mauvais vers, que le parlement de Paris ait fait pendre un huissier pour avoir dit des sottises, ce n'est pas ce dont je m'inquiète; mais M. Ango de Lézeau*, et quatre années qu'il me doit sont le grave sujet de ma lettre. Peut-être M. Ango me croit-il mort? peut-être l'est-il lui-même. S'il est en vie, où est-il? s'il est mort, où sont ses héritiers? Dans l'un et l'autre cas, à qui dois-je m'adresser pour vivre?

Pardonnez, mon ancien ami, à tant de questions. Je me trouve un peu embarrassé; j'ai essuyé coup sur coup plus d'une banqueroute. Notre ami Horace dit tranquillement :

Det vitam, det opes: aequum mi animum ipse parabo^.

Vraiment je le crois bien ; voilà un grand effort ! Il n'avait pas affaire à la famille de Samuel Bernard^ et à M. Ango de Lézeau. Ce petit babouin crut faire un bon marché avec moi, parce que j'étais fluet et maigre; vwimus tamen, et peut-être Ango occidit dans son marquisat.

Qu'il soit mort ou vivant, il me semble que j'ai besoin d'un honnête procureur normand. En connaîtriez-vous quelqu'un dont je pusse employer la prose?

Mais vous, que faites-vous dans votre jolie terre de Launai*? bâtissez- vous? plantez-vous? avez-vous la faiblesse de regretter Paris? ne méprisez-vous pas la frivolité qui est l'âme de cette grande ville? Vous n'êtes pas de ceux qui ont besoin qu'on leur dise :

Omitte mirari beatœ Fumum et opes strepitumque Romae».

m'en a fait apercevoir la licence et le danger, je l'ai aussitôt proscrit, condamné, et j'ai été le premier à en désirer la suppression. Je fais gloire de soumettre au christianisme toutes mes pensées, toutes mes opinions, toutes les facultés de mon être. »

(Jobez, la France sous Louis XIV, t. V, p. 250.)

1. Marquis normand, débiteur de Voltaire. V. page 90, note 5. — Voltaire en 1733 lui avait orôté 18,000 fr.,

à fonds perdu, moyennant une rente de 1,800 francs. Le marquis paya cette rente pendant quarante-cinq ans.

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