LETTRE GXXIII. — AU MÊME
A FerneyS, 25 novembre 1758; mais écrivez toujours aux Délices.
Votre amitié pour moi a donc la malice, mon cher ami, de tarabuster le marquis Ango, et de lui faire sentir que quelquefois les plus grands seigneurs ne laissent pas d'être obligés à ' payer leurs dettes, malgré les grands services qu'ils rendent à l'État. Il ne veut pas m'écrire; vous verrez qu'il s'est rouillé* en province. Cependant un Bas- Normand^ peut hardiment écrire à un Suisse. Le petit bonhomme ^ de marquis veut donc me donner une assignation"^ sur son trésor royal, et, de quatie années, m'en payer une à cause des dépenses qu'il fait à la guerre ! Je ferai signifier à monseigneur que je ne l'entends pas ainsi, et que^, lui ayant joué le tour de vivre jusqu'à la fin de cette présente année, je veux être payé de mon dû ou deu. On écrivait autrefois deu ou dub, parce que dû est toujours dubium} ; mais dû^ ou deu^ ou dub, il faut qu'il paye; et, point d'argent^ point de Suisse. Et M. le