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Craintes que l'événement justifia

Les deux flottes françaises de la Méditerranée et de la Manche furent détruites, l'une à Lagos, sur les côtes du Portugal, le 17 août 1759, et l'autre le 20 novembre suivant, près de la baie de Quiberon. La première était commandée par M. de la Clue, et la

seconde par M. de Conflans. Ces deux défaites ruinèrent la marine française et les préparatifs de la descente projetée en Angleterre.

4. Cette même année, la marquise du Deffand écrivait à Voltaire : « On vient de publier dix ou douze édits qui font bien trois quarts d'heure de lecture ; je ne vous en ferai pas le détail, ils ne taxent pas encore l'air que nous respirons: hors cela, je ne sache rien sur quoi ils ne portent. »

[Corr. génér. i, 243.) .

5. C'est-à-dire, de bons appointements fournis par le duc de Parme.

D'Argental venait d'être nommé ministre plénipotentiaire de l'infant duc de Parme, à Paris. Il reçut alors le titre de comte, qu'il ne portait pas avant de remplir ces fonctions, créées exprès pour lui. Il devait ce titre et cet emploi au duc de Ghoiseul. Son traitement était de 12,000 livres, que Voltaire appelait , en riant, « les douze mille fromages de Parmesan. »

(Lettre du 20 juillet 1759.).

6. « Les biens en papier dépendent de la fortune, ceux de la terre ne dépendent que de Dieu. » (Lettre du 29 juin 1759, à Cideville.)

7. « Il m'a pris un éblouissement, un je ne sais quoi, qui accommode fort peu les idées. » (Lettre du 20 juillet 1759, à M"" la comtesse d'Argental.) — C'est de cet accident qu'il est ici question.

LETTRE CXXVII.— A Mme LA MARQUISE DU DEFFANDl.

18 février 1760.

L'éloquent Cicéron, madame, sans lequel aucun Français ne peut penser, commençait toujours ses lettres par ces mots: a Si vous vous portez bien, j'en suis bien aise; pour moi, je me porte bien. »

J'ai le malheur d'être tout le contraire de Cicéron; si vous vous portez mal, j'en suis fâché; pour moi, je me porte mal. Heureusement je me suis fait une niche dans laquelle on peut vivre et mourir à sa fantaisie. C'est une consolation que je n'aurais pas eue à Craon^ C'est encore une grande consolation de s'être formé une société de gens qui ont une âme ferme et un bon cœur; la chose est rare, même dans Paris. Cependant j'imagine que c'est à peu près ce que vous avez trouvé.

J'ai l'honneur de vous envoyer quelques rogatons' assez plats par M. Bouret*. Votre imagination les embellira. Un ouvrage, quel qu'il soit, est toujours assez passable^ quand il donne occasion de penser.

Puisque vous avez, madame, les poésies de ce roi qui a pillé tant de vers et tant de villes, lisez donc son Epître au maréchal Keith^ ^ sur la mortalité de l'âme;

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