Sur ce mot, V. page 272, note
4. L'un des soixante fermiers-généiux. 11 possédait une fortune de
.2 millions, qu'il dissipa. On a de lui des Poésies diverses;iimo\iTaieii 1777.
5 Ce nom , qui , ordinairement, s'emploie seul aujourd'hui et sans adverbe qni le modifie, s'employait alors, comme tout adjectif, avec le plus, le moins, assez, etc. : « C'est la pièce la plus passable que j'aie jamais faite. » (Retz, Mémoires, m, 1. 4.) — « C'était le garçon le plus passable de nos cantons. » (Marivaux, Double inconst., ii, 2.) — Elle n'est point tant sotte, ma foi, et je la trouve assez passable. » (Molière, Scapin, i, 3.)
6. Le maréchal Keilh était d'origine écossaise. Partisan du Prétendant, il refusa de reconnaître Georges t'"' en 1715, et émigra sur le continent.
Après avoir servi quelque temps dans l'armée russe et dans l'armée suédoise, il vint à la cour de Frédéric II, qui le nomma feld-maréchal. Il prii part aux batailles de KoUin, de Rosbach, de Leuthen, et périt dans celle d'Hochkirch, le 14 octobre 1758. Il était né en 1G96.
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il n'y a qu'un roi, chez nous autres chrétiens, qui puisse faire une telle épître. Maîlre Joly de Fleury * assemblerait les chambres* contre tout autre, et on lacérerait l'écrit scandaleux; mais apparemment quon craint encore des aventures de Rosbach, et qu'on ne veut pas fâcher un homme qui a fait tant de peur à nos âmes immortelles.
Le singulier de tout ceci est que cet homme qui a perdu la moitié de ses Ét;its, et qui défend l'autre par les manœuvres du plus habile général, fait tous les jours encore plus de vers que l'abbé Pellegrin*. Il ferait bien mieux de faire la paix, dont il a, je crois, tout autant besoin que nous.
J'aime encore mieux avoir des rentes sur la France que sur la Prusse. Notre destinée est de faire toujours des sottises, et de nous relever. Nous ne manquons presque jamais une occasion de nous ruiner et de nous faire battre; mais, au bout de quelques années, il n'y paraît pas. L'industrie de la nation répare les balourdises du ministère. Nous n'avons pas aujourd'hui de grands génies dans les beaux-arts, à moins que ce ne soit M. Le Franc de Pompignan*, et M. l'évêque son frère;
1. Premier avocat-général au parlement de Paris, qui, le 6 février 1759, avait prononcé un violent réquisitoire contre le livre de l'Esprit, dHelvétius, et contre les sept volumes déjà publiés de l'Encyclopédie.
2. Toutes les chambres dont la réunion formait le parlement, les Enguétes, les Requêtes, et la Grand' Chambre. Toutes les questions, d'ordre général, qui concernaient la politique et la religion, étaient traitées dans l'assemblée des chambres réunies. Les magistrats du parquet, et même les simples conseillers, avaient le droit de demander au premier président cette réunion des chambres du parlement. Dans ces assemblées générales, le parlement s'érigeait en corps politique et imitait, comme il pouvait, le parlement d'Angleterre.
3. Né à Marseille, en 1663, mort en 1745. Ce versificateur exubérant vint à Paris faire commerce de littérature; il vendit des épigrammes et des madrigaux, écrivit des Cantiques ivirituels, des comédies et des tragé-
dies, traduisit Horace en vers, rima l'Ancien et le Nouveau-Testament, les Psaumes de David, et jusqu'à l'Imitation de J.-G. On a dit de lui « qu'il dinait de l'autel et soapait du théâtre. » — Les nombreuses lettres que Frédéric U écrivit à Voltaire dans les moments les plus critiques de la guerre de Sept-Ans, sont entremêlées de longues tirades en vers.
4. Il a déjà été question plus haut de Le Franc de Pompignan.V. page 108, note 4. Le moment approchait oii la guerre allait éclater entre Voltaire et l^ui. Le Franc venait d'être élu membre de l'Académie française, où il fut reçu le 10 mars 1760. Dans son discours de réception, il attaqua les Philosophes et désigna Voltaire par des allusions transparentes. Son frère Jean-George, alors évêque du Puy, devint plus tard archevêque de Vienne et député du Dauphiné aux Etats-Généraux. Bien que les hostilités ne fussent pas encore ouvertes. Voltaire avait été sans do Lie informé des intentions agressives de Le Franc de Pompignan.
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mais nons aurons toujours des commorçants et des agriculteurs. Il n'y a qu'à vivre et tout ira bien.
Je conçois que la vie est prodigieusennent ennuyeuse quand elle est uniforme; vous avez à Paris la consolation de l'histoire du jour, et surtout la socif^^té de vos amis; moi, j'ai ma charrue et des livres anglais, car j'aime «autant les livres de celte nation que j'aime peu leurs personnes. Ces gens-là n'ont, pourla plupart, du mérite que pour eux-mf;mfis. Il y en a bien peu qui ressemblent à Bolingbroke' ; ce^ui-là valait mieux que ses livres; mais, pour les autres Anglais, leurs livres valent mieux qu'eux.
J'ai l'honneur devons écrire rarement, madame; ce n'est pas seulement ma mauvaise santé et ma charrue qui en sont cause; je suis absorbé dans un compte que je me rends à moi-môme, par ordre alphabétique, de tout ce que je dois penser sur ce monde-ci et^ sur l'autre, le tout pour mon usage, et peut-être, après ma mort, pour celui des honnêtes gens*. Je vais dans ma besogne aussi franchement que Montaigne va dans la sienne; et, si je m'égare, c'est en marchant d'un pas un peu plus ferme.
Si nous étions à Craon, je me llatte que quelques-uns des articles de ce dictionnaire d'idées ne vous déplairaient pas; car je m'imagine que je pense comme vous sur tous les points que j'examine. Si j'étais homme à venir faire un tour à Paris, ce serait pour vous y faire ma cour; mais je déteste Paris sincèrement, et autant que je vous suis attaché.
Songez à votre santé, madame; elle sera toujours précieuse à ceux qui ont le bonheur de vous voir, et à ceux qui s'en souviennent avec le plus grand respect.
LETTRE cxxvirr. — A IflUe CLMROM*.
16 octobre 1760.
Belle Melpomène, ma main ne répondra pas à la lettre