V. page 293, notes 1, 2 et
2. D'Alenibert lui fit connaître le sentiment de l'Académie sur ce commencement du Commentaire : « Nous avons été très contents de vos remarques sur les Iloraces; beaucoup moins de celles sur Cinna, qui nous ont paru faites à la hâte. Les remarques sur le Cid sont meilleures, mais ont encore besoin d'être revues, n nous a semblé que vous n'insistiez pas toujours assez sur les beautés de l'anlenr, et quelquefois trop sur des fautes qui peuvent n'en pas paraître à tout le monde... Songezqu'un vivant qui critique un mort en possession do l'estime publique doit avoir raison
et demie pour parler, et se taire quand il n'a que raison. » (10 octobre 1761.) 3. La souscription réussit. Louis XV, l'impératrice Elisabeth de Russie, l'empereur d'Allemagne, et Marie- Thérèse, souscrivirent, chacun pour 200 exemplaires. Le duc de Choiseul et M°"> de Pompadour se firent porter l'un et l'autre pour cinquante. Le comte de Glermont, Bernis, le duc de Villars, les formiers-géiiérau.x, beaucoup d'Anglais et d'étrangers, des parlementaires, des gens du monde, des gens de finance et des gens de lettres tinrent à honneur de figurer sur cette liste vraiment nationale.
l'honneur de la littérature française; j'attends de l'Académie des lumières et de la protection.
Adieu, monsieur; je compte sur votre zèle et sur votre bonté plus que sur tout le reste.
LETTRE CXU. — A M. DE CIDEVILLEi.
A Fcrney, 23 septembre 1761.
Mon ancien camarade, mon cher ami, nous recevrons toujours à bras ouverts quiconque viendra de votre part. Il est vrai que nous aimerions bien mieux vous voir que vos ambassadeurs ; mais ma faible santé me retient dans la retraite que j'ai choisie. Je viens de bâtir une église^; mais j'aime bien mieux le monument que j'érige à Corneille, votre compatriote. Je suis bien aise que l'indifférent Fontenelle^ m'ait laissé le soin de Pierre et de sa nièce : l'un et l'autre amusent beaucoup ma vieillesse. Je vous exhorte à lire Pertharite* avec attention. Lisez du moins le second acte et quelque chose du troisième. Vous serez tout étonné de trouver le germe entier de la tragédie A'Andromaque^ les mêmes sentiments, les mêmes situations, les mômes discours. Vous verrez un Grimoald' jouer le rôle de Pyrrhus, avec une Rodelinde dont il a vaincu le mari, qu'on croit mort. Il quitte son Éduige pour Rodelinde, comme Pyrrhus abandonne son Hermione pour Androniaque. Il menace de tuer le fils de sa Rodelinde, comme Pyrrhus menace Astyanax. 11 est violent, et Pyrrhus aussi. Il passe de Rodelinde à Eduige, comme Pyrrhus d'Andromaque à Hermione. Il promet