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V. page 50, note

4. Cette tragédie fut jonée en 1653 ; elle n'eut que deux représentations.

Sensible à cet échec, Corneille renonça au théâtre pendant six ans et n'y reparut qu'en 1659 avec Œdipe,

dont le grand succès le rengagea pour quinze années encore dans la carrière dramatique. — Andromaqueesl de 1667.

5. Voici les principaux personnages de cette pièce, fort embrouillée :

Pertharite, roi des Lombards, qui s'enfuit chez les Avares ; Gundeberî, son frère, roi de Pavie ; Garibalde, duc de Turin, allié de Grimoald ; Grimonld, comte de Bénévent.qui tue Gundebert.

de rendre le trône ;iu petit Rodelinde : Pyrrhus en fait autant, pourvu qu'il soit aimé. Rodelinde dit àGrimoald :

N'imprime point de tache à tant de renommée, etc. *. Andromaque dit à Pyrrhus :

Faut-il qu'un si grand cœur montre tant de faiblesse, Et qu'un dessein si beau, si grand, si généreux. Passe pour le transport d'un esprit amoureux*?

Ce n'est pas tout ; Eduige a son Oreste. Enfin Racine a tiré tout son or du fumier de Pertharite^ et personne ne s'en était douté, pas même Bernard de Fontenelle, qui aurait été bien charmé de donner quelques légers coups de patte à Racine.

Vous voyez, mon cher ami, qu'il y a des choses curieuses jusque dans la garde-robe de Pierre'. La comparaison que je pourrai faire de lui et des Anglais et des Espagnols, qui auront traité les mêmes sujets, sera peut-

1. A. II, s. V. — Rodelinde, femme de Pertharite; Edwige, sœur de Perlharite.

2. A. 1, s. IV. — Dans une lettre adressée à l'abbé d'Olivet, le 20 août 1661, "Voltaire avait développé cette comparaison des deux pièces et plus fortement marqué les ressemblances.

« Un Grimoald, dans Corneille, menace une Rodelinde de faire périr son iils au berceau, si elle ne l'épouse.

Son sort est en vos mains : aimer on [dédaigoer Le va foire périr, ou le faire régner.

Pyrrhus a dit précisément, dans la njême situation :

Je vons le dis, il faut ou périr ou régner. Grimoald veut punir

Sur ce ûls innocent La dureté d'un cœur si peu reeonnais- [sant.

Pyrrhus dit, dans Racine :

Le fila me répondra des mépris de la [mère.

Rodelinde dit à Grimoald :

Comte, penses-y bien, et, pour m'avoir [aimée, N-imprime point de taolie à tant de re- [aommôe... i

Andromaque dit à Pyrrhus :

Seigneur, que faites-vous, et que dira la [Grèce ?...

L'imitation est visible, la ressemblance est entière. 11 y a bien plus, et je vais vous étonner : tout le fond des scènes d'Oreste et d'Hermione est pris d'un Garibaldc et d'une Edwige...

Edwige aime encore Grimoald, elle veut que Garibalde la venge de ce traître, qui l'a quittée pour Rodelinde: Pour gagner mon amour, il faut servir [ma haine.

Hermione, dans Racine, dit à Oreste:

Venge-moi, je crois tout

Garibalde répond à Edwige :

Le pourrez -vous, madame, et savez-vons [vos forces ?

C'est la réponse d'Oreste à Hermione :

Et vons le haïssez ! Avonez-le, madame,

J. 'amour n'est j)as un fen qu'on renferme

[en une &me. •

3. Avant Voltaire , Desfontaines, dans le IV* volume de ses Observations sur les écrits modernes (Lettre i.iv, p. 206), avait signalé ces ressemblances entre Pertharite et Andromaque.

être agréable. A l'égard des bonnes pièces, je ne fais aucune remarque sur laquelle je ne consulte l'Académie. Je lui ai envoyé toutes mes notes sur le Cid^ les H or aces, Pompée, Polyeucte, Cinna, etc. Ainsi mon Commentaire pourra être à la fois un art poétique et une grammaire.

On va reprendre encore Oreste^ h la Comédie-Française. Il est vrai que j'ai bien fortifié cette pièce, et qu'elle en avait besoin. Mais enfm j'aime à voir la nation redemander une tragédie grecque, sans amour, dans laquelle il n'y a point de partie carrée ni de roman.

Adieu ; je vous embrasse. Pourriez-vous me dire quel est un monsieur P. T. N. G.' à qui Corneille dédie sa Médée ?

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