V. page 174, note
2. Après la mort du géomètre Clairaut (v. page 32, note l), l'Académie des sciences demanda au comte de Saint-Florentin, ministre de la maison du roi, que la pension dont l'académicien décédé avait joui fût transférée à d'Alembert. Le miulstre laissa voir, par son silence aflTecté et prolongé, que cettj demande lui déplaisait.
Blessé de cette injustice, le philosophe s'en plaignit à Voltaire.
3. Catherine II avait essayer d'attirer d'Alembert à Saint-Pétersbourg et de l'y fixer.
4. Depuis longtemps Frédéric avait offert à d'Alembert la place de président de l'Académie de Berlin, avec vingt mille livres de pension. D'Alembert refusa cette offre brillante, mais
Votre cœur et votre raison sont pour la Grèce. Vous examinerez si, en restant dans Athènes, vous devez rechercher la bienveillance des Périclès. Je suis persuadé que le ministre, qui n'a rien répondu sur votre pension, ne garde ce silence que parce qu'un autre ministre lui a parlé. On est fâché contre vous depuis la Vision K Je sentis cruellement le coup que cette Vision porterait aux philosophes ; je vous le mandai, vous ne me crûtes pas, mais j'étais très instruit. M"'' la princesse de Robecq n'apprit qu'elle était en danger de mort que par cette brochure. Jugez quel effet elle dut faire. Depuis ce temps, des trésors décolère se sont amassés contre nous tous, et vous ne l'ignorez pas. J'ai cru apercevoir, au travers de ces nuages, qu'on vous estime comme on le doit, et qu'on aurait désiré votre estime.
Je sais bien que vous ne ferez jamais de démarche qui répugne à la hauteur de votre âme, mais il vous faut votre pension. Voulez-vous me faire votre agent, quoique je ne sois pas sur les lieux? Il y a un homme qui est dans une très grande place % et qui est mécontent de vous. Il n'est pas impossible que son ressentiment ait influé sur le refus ou sur le délai de la justice qu'on vous doit. Permettez-vous que je prenne la liberté de lui écrire? Je suis sans conséquence ; je ne compromettrai ni lui ni
accepta du roi de Prusse une pension moindre qui Taidait à subsister. — Voici un fragment de la réponse qu'il adressa à Frédéric en 1752 : « Je ne dois rien au gouvernement de la France, dont je crains tout, sans en rien espérer; mais je dois quelque chose à ma nation qui m'a toujours bien traité et qui me récompense autant qu'il est en elle par son e:5time... A force de privations, je me suis accoutumé sans eflurl à me contenter du plus étroit nécessaire... La vie retirée et assez obscure que je mène est parfaitement conforme à mon caractère, à mon amour extrême pour l'indépendance... Ma fortune est au-dossous du médiocre : dix-sept cents livres de rente font tout mon revenu. » [Correspondance (jénérale de M""» du Deffand, 1. 1, p. 147, Ed. de Lcscure.)
1. Dans toutes ses lettres de 1760, Voltaire se plaint de la Vision: « C'est un grand malheur et une grande imprudence ; j'en suis désespéré ; ce trait a révolté. Il n'est pas permis d'insulter à une mourante... Je réitère mes sanglots sur la Vision; cette vision est celle de la ruine de Jérusalem. Voilà la philosophie perdue et en horreur aux yeux de ceux qui ne l'auraient pas persécutée. G ciel ! attaquer les femmes ! Insulter à la lillo d'un Montmorency I A une femme expirante I J'en suis réellement au désespoir. j> (Leltres des 10 et 19 juin 17C0.) L'auteur de cet écrit, comporté à l'occasion de la querelle soulevée par la Comédie de Palissot, les Philosophes, était l'abbé MorelJet.