Le comte de Warviclc, représenté en
5. Discours sur les préjugés et les injustices littéraires. (Imprimé dans ses Mélanges.)
6. Le roi de Prusse. — Sur SanS' Souci, V. page 185, note 2. — Ce même jour, 5 anvier 1767, Voltaire
n est vrai que, dans les commencements, nos e muets embarrassent quelquefois les étrangers; le philosophe de Saus-Souci était très jeune quand il fit cette épître : elle a été imprimée à son insu par ceux qui recherchent toutes les pièces manuscrites , et qui , dans leur empressement de* les imprimer, les donnent souvent au publie toutes défigurées.
Je peux vous assurer que le philosophe de Sans-Souci sait parfaitement notre langue. Un de nos plus illustres confrères^ et moi nous avons l'honneur de recevoir quelquefois de ses lettres, écrites avec autant de pureté que de génie et de force, eodem animo scribit quo pugnat^ : et je vous dirai, en passant, que Thonneur d'être encore dans ses bonnes gi^âces , et le plaisir de lire les pensées les plus profondes, exprimées d'un style énergique, font une des consolations de ma vieillesse. Je suis étonné qu'un souverain, chargé de tout le détail d'un grand royaume , écrive couramment et sans effort ce qui coûterait à un autre beaucoup de temps et de ratures.
M. l'abbé de Dangeau*, en qualité de puriste, en savait sans doute plus que lui sur la grammaire française; je ne puis toutefois convenir, avec ce respectable académicien, qu'un musicien, en chantant la nuit est loin encore^ prononce , pour avoir plus de grâces, la nuit est loing encore. Le philosophe de Sans-Souci, qui est aussi grand
écrivait au roi de Prusse : « Savezvous bien, sire, que Votre Majesté est devenue un auteur qu'on épluche?
Notre doyen, mon gros abbé d'Olivet, vient, dans une nouvelle édition de la Prosodie française, de vous critiquer sur le mot crêpe, dont vous avez retranché impitoyablement le dernier e dans une lettre à moi adressée, et imprimée dans les Œuvres du philosophe de Sans-Souci ; mais je ne crois pns que cette édition ait été faite sous vos yeux : quoi qu'il en soit, vous voilà devenu un auteur classique, examiné comme Racine par notre doyen, cité devant le tribunal dos mots, et condamné sans appel à faire crêpe de deux syllabes.
1. On dit empressement de et empressement à, comme on dit : s'empresser de et s'einpresser à. Toutefois,
la préposition à est plus usitée, aujourd'hui, avec le substantif, et la préposition de avec le verbe. — M"«= de Sévigné : « L'extrême empressement que j'ai eu de satisfaire à vos ordres... On m'a conté les empressements de recevoir M. de Grignan à Avignon. « (T. Vm, p. 2So. — T. XI, p. 29.