‹ Lettres choisiesChapitre 404 sur 456 · Le passé défini ne se dit que d'un · texte numérisé non relu

Le passé défini ne se dit que d'un

aurez beaucoup d'admirateurs ; mais je me flatte d'avoir senti le charme de vos vers et de vos peintures plus que personne. Je crois me connaître un peu en vers; les grands plaisirs, dans tous les arts, ne sont que pour les connaisseurs.

J'ai éprouvé, en vous lisant, une autre satisfaction encore plus rare, c'est que vous avez peint précisément ce que j'ai fait.

OU! que j'aime biea mieux ce modeste jardin Où l'art en se cachant fécondait le terrain ! etc.

etc.

Voilà mon aventure. De longues allées où, [,armi quelques ormeaux et mille autres arbres, on cueille des abricots et des prunes; des troupeaux qui bondissent entre un parterre et des bosquets; un petit champ que je sème moi-même % entouré d'allées agréables; des vignes, au milieu desquelles sont des promenades ; au bout des vignes, des pâturages, et au bout des pâturages, une forêt.

C'est chez moi que mûrit la figue à côté du melon, car je crois que vous n'avez guère de figues en Lorraine. Je dois donc vous remercier d'avoir dit si bien ce que j'aurais dû dire.

Je vous assure que mon cœur a été bien ému en lisant les petites leçons que vous donnez aux seigneurs des terres, dans votre troisième chant. Il est vrai que je n'habile pas le donjon de mes ancêtres^je n'aime en aucune façon les donjons^; mais du moins je n'ai pas fait le malheur de mes vassaux et de mes voisins. Les terres que j'ai défrichées, et un peu embellies, n'ont vu couler que les larmes des Calas et des Sirven % quand ils sont

temps complètement écoulé et éloigné au moins d'un jour de l'instant où l'on parle. C'est conformément à cette règle qu'il est ici employé par récrivain.

1. Il y avait à Fcrney, dans le domaine dépendant ducliàteau, un champ qu'on appelait le Champ de M. de Voltaire, parce qu'il ne laissait point à d'autres le soin de le cultiver et

qu'il ne cessa de le labourer lui-même qu'en 1772.

■1. Donjons. Le donjon est la grosse tour crénelée qui domine lo château et. le pays environnant; c'est le siège de la puissance du suzerain, la citadelle féodale. — Du bas-latin domnio, dontnionem, dérivé àedominium;à'o\i l'oa a fait par contraction donjonem.

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