‹ Lettres choisiesChapitre 405 sur 456 · V. page 359; note · texte numérisé non relu

V. page 359; note

venus dans mon asile. J'ai quadruplé le nombre de mes paroissiens; et, Dieu merci, il n'y a pas un pauvre.

Nec doluit miserans inopem, aut invidit habenti.

ViRG., Georg.,\ïh. II, v. 499.

En vous remerciant de tout mon cœur du compliment fait à l'intendant qui exigeait si à propos des corvées, et qui sei'vait si bien le roi, que les enfants en mouraient sur le sein de leurs mères. Chaque chant a des tableaux qui parlent au cœur. Pourquoi citez-vous Thomson'? c'est le Titien qui loue un peintre flamand.

Yotre quatrième, qui paraît fournir le moins^ est celui qui rend le plus. Je ne crains point d'être aveuglé par la reconnaissance extrême que je vous dois ; il m'a charmé très indépendamment de la générosité courageuse avec laquelle vous parlez d'un homme si longtemps persécuté par ceux qui se disent gens de lettres.

J'ai un remords ; c'est d'avoir insinué à la fin du Siècle^ présent, qui termine le grand Siècle de Louis XIV, que les beaux-arts dégénéraient. Je ne me serais pas ainsi exprimé, si j'avais eu vos Quatre Saisons un peu plus tôt. Yotre ouvrage est un chef-d'œuvre ; les Quatre Saisons et le quinzième chapitre de Bélisaire^ sont deux morceaux au-dessus du siècle. Ce n'est pas que je les mette à côté l'un de l'autre, je sais le profond respect que la prose doit à la poésie; c'est ce que Montesquieu ne savait pas, ou voulait ne pas savoir*. Écrit en prose qui veut, mais en vers qui peut. Il est plus difficile de faire cent beaux vers que d'écrire toute l'histoire de

1. Thompson, poète écossais, né en 1700, mort en 1748. Son poème de r//î«er a paru en 1726; ïEié, en 1727 ; le Printemps, en 1728, et {'Automne,en 1730. Le TfYî'cH, peintre célèbre de l'école vénitienne (1477-1576).

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