‹ Lettres choisiesChapitre 407 sur 456 · C'est le trépidant des Latins · texte numérisé non relu

C'est le trépidant des Latins

6. Tout le monde, parmi les bons esprits du temps, ne jugea pas avec celte indulgence \e°, Saùons de Saint- Lambert. Voici ce qu'écrivait, à ce

sujet, M"» du DeiTand dont le sentiment, libre et éclairé, est devenu l'arrêt de la critique et l'opinion définitive de la postérité : a Je ne vous enveirai point Saint-Lambert; rien, à mon goût, n'est plus fastidieux. Ce Saint-Lambert est un esprit froid, fade et faux j il croit regorger d'idées et c'est la stérilité même. Sans les roseaux, les ruisseaux, ks ormeaux et leurs rameaux, il aurait bien peu de chose à dire... Les Beauvau se sont faits ses Mécènes. Ah ! qu'il y a des gens de village et des trompettes de bois l n (17Ô9. — T. I, p. 552, 558.)

musements ; c'est un emploi dont le titulaire s'acquitte souvent fort mal. Il envoie des choses gaies et frivoles, quand on ne veut que des choses sérieuses ; et il envoie du sérieux quand on voudrait de la gaieté : c'est le malheur de l'absence. On se met sans peine au ton de ceux à qui on parle; il n'en est pas de même quand on écrit : c'est un hasard si l'on rencontre^ juste.

J'ai pris le parti de vous envoyer des choses oii il y eût à la fois du léger et du grave, afin du moins que tout ne fût pas perdu.

Voici un petit ouvrage contre l'athéisme % dont une partie est édifiante et l'autre un peu badine ; et voici en outre mon Testament^, que j'adresse à Boileau. J'ai fait ce testament étant malade, mais je l'ai égayé selon ma coutume ; on meurt comme on a vécu.

Si votre grand'maman* est chez vous quand vous recevrez ce paquet, je voudrais que vous pussiez vous le faire lire ensemble; c'est une de mes dernières volontés. J'ai beaucoup de foi * à son goût pour ^ tout ce que vous m'avez dit d'elle, et je n'en n'ai pas moins à son esprit, par quelques-unes de ses lettres que j'ai vues,

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