LETTRE CXCII. — A M. DUPONT
Ferney, le 7 juin 1769.
Vous donnez à M. de Saint-Lambert ^ les éloges qu'il adroit d'attendre d'un vrai citoyen et d'un écrivain tel que vous.
Yousne ressemblezpas à celui qui fournit des nouvelles de Paris k quelques gazettes étrangères, et qui en dernier lieu, parmi une foule d'erreurs injurieuses au gouvernement, à la réputation des particuliers, et à l'honneur des lettres, a mandé que le poème français des Saisons est inférieur au poème anglais de Thomson ^ S'il m'appartenait de décider, je donnerais sans difficulté la préfé' rence à M. de Saint-Lambert. Il me paraît non seulement plus agréable, mais plus utile. L'Anglais décrit les saisons ; et le Français dit ce qu'il faut faire dans chacune d'elles. Ses tableaux m'ont paru plus touchants et plus riants : je compte encore pour beaucoup la difficulté des rimes surmontée. Les vers blancs ^ sont si aisés à faire.
1. Sur les soupers de la bonne compagnie, au dix-huitième siècle. V.
page 7, note 1 .
2. Dupont de Nemours, économiste et poète, rédacteur en chef du Journal d' A gricui tare et des Ephémérides
du citoyen. — V. page 343, note 1.