‹ Lettres choisiesChapitre 427 sur 456 · Odes^ I, xxxviii · texte numérisé non relu

Odes^ I, xxxviii

2. En chorus, en faisant chorus. On dit aujourd'hui, répéter en chœur, ou faire chorus.

3. Canidie, lune de ces magiciennes que les superstitions populaires avaient mises en renom à Home. Elle et iit Napolitaine et s'appelait Gratidia. Ses clieveux blancs l'avaient fait surnommer CrtHi'dîe. ^'pod-.Carm. V et XII.—

Voltaire nous paraît oublierqu'on pouvait chanter une Epode satirique en latin, comme on chante un vaudeville ou un pont-neuf en franijais.

4. Né en 1705, mort e*a 1782; avocat du clergé de France, professeur de droit-canon au Collège de France, a' teur dune Histoire de la Jurisprudence romaine, d'une Dissertation sur la vielle (1741), et de Mélanges d'histoire de lUtn-atiire et de critique {\7ùS.)

DE VOLTAIRE. 4iO

I? faut que je vous fasse une petite querelle sur votre discours préliminaire, qui me paraît excellent. Vous appelez Cowley * le Pindare anglais; vous lui faites bien de l'honneur ; c'était un poète sans harmonie, qui cherchait à mettre de l'esprit partout. Le vrai Pindare est Dryden % auteur de cette belle ode intitulée la Fête d'Alexandre^ ou Alexandre et Timothée. Cette ode, mise en musique par Purcell ^ (si je ne me trompe), passe en Angleterre pour le chef-d'œuvre de la poésie la plus sublime et la plus variée; et je vous avoue que, comme je sais mieux l'anglais que le grec, j'aime cent fois mieux cette ode que tout Pindare.

C'est assez blasphémer contre le premier violon du roi de Sicile Hiéron *. Je voudrais bien savoir seulement si on chantait ses odes en partie. Il est très probable que les Grecs connaissaient cette harmonie que nous leur nions avec beaucoup d'imprudence. Platon le dit expressément, et en termes formels : pardon de faire avec vous le savant.

D'un certain magister le rat tenait ces choses, Et les disait à travers champs, elc.s.

Gardez-vous bien de me prendre pour un Grec sur tout ce que je vous dis là, car je suis l'homme du monde le moins grec. Je devine seulement que vous devez avoir eu une peine extrême à rendre en prose agréable et coulante votre sublime chantre des cochers grecs et des combats à coups de poing.

Adieu, mon cher ami ; il faut qu'après avoir prêté des grâces, de l'ordre, de la clarté à votre inintelligible et

1. Cowley, né en 1618, mort en 1667, auteur d'odespindariques. d'une Davidéide, d'Essais en vers et en prose.

Sa réputation, très brillante de son vivant, n'eut qu'un écho passager. U accompagna eu France la reine Henriette, femme de Charles pf, et lui servit de secrétaire.

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