Odes, I, VI, V. 19. — La prédo- | obnoxius
raient de nous, si nous prenions la liberté que Pindare et Horace ont prise.
Au reste, je doute fort qu'on ait chanté toutes les odes d'Horace. Croyez-vous que les dames romaines et les hommes du bon ton eussent goûté un grand plaisir à chanter à table cette chanson : Persicos odi *, que Dacier a traduite ninsi :
(( Laquais, je ne suis point pour la magnificence des Perses. Je ne puis même souffrir les couronnes qui sont pliées avec de petites bandelettes de tilleul. Cesse donc de t'infoimer oii tu pourras trouver des roses tardives. Je ne demande que des couronnes de simple myrte, sans que tu y fasses d'autre façon. Le myrte sied bien à un laquais comme toi; et il ne me sied pas mal lorsque je bois sous l'épaisseur d'une treille. »
Je doute encore que la bonne compagnie de Rome ait répété en chorus '^ les horreurs qu'Horace reproche à la sorcière Canidin ^ et à quelques autres vieilles.
Plusieurs savants prétendent que les trois quarts des odes d'Horace n'étaient point faites pour la musique. Mais enfin ode signifie chanson, et qu'est-ce qu'une chanson qu'on ne peut chanter? On nous dit que c'est ainsi qu'on en use dans toute l'Europe ; on y fait des stances rimées qui ne se chantent jamais : aussi les amateurs delà musique répondent que c'est un reste de barbarie.
L'abbé Terrasson * demandait sur quel air Moïse avait mis son fameux cantique au sortir de la mer Rouge : Chantons un lujmne au Seigneur, qui s'est manifesté glorieusement.