Le chancelier Maupeou
3. Né en 1735, mort en 1821. Il fut ambassadeur à Constantinoplo, et en Hollande, et plus 1»rd, ministre de l'intérieur, en 1789, après la prise de la Bastille.
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Pour moi, je m'offre à être votre secrétaire, malgré mon âge de quatre-vingts ans, et malgré les suites très douloureuses d'une maladie qui m'a mis au bord du tombeau. Ce sera une consolation pour moi que mon dernier travail soit pour la défense de la vérité.
Je ne sais s'il est convenable de faire imprimer le manuscrit que vous m'avez envoyé; je doute qu'il puisse servir, et je crains qu'il ne puisse nuire. Il ne faut, dans une pareille affaire, que des démonstrations fondées sur les procédures mômes. Une réponse à un petit libelle inconnu ne ferait aucune sensation dans Paris. De plus, on serait en droit de vous demander des preuves des discours que vous faites tenir à un président du parlement, à un avocat général, au rapporteur, à des officiers ; et, si ces discours n'étaient pas avoués par ceux à qui vous les attribuez, on vous ferait les mêmes rf-procbes que vous faites à l'auteur du libelle. Cette observation me paraît ti es essentielle.
D'ailleurs ce libelle m'estabsolument inconnu, etaucun de mes amis ne m'en a jamais parlé. Il serait bon, monsieur, que vous eussiez la bonté de me l'envoyer par M. Marin % qui voudrait bien s'en cbarger.
Souffrez que ma lettre soit pour M™° la comtesse de la Heuze comme pour vous. Ma faiblesse et mes souffrances présentes ne me permettent pas d'entrer dans de grands détails. Je lui écris simplement pour l'assurer de l'intérêt que je prends à la mémoire de M. de Lally. Je vous prie l'un et l'autre d'en être persuadés.
J'ai l'honneur d'être, avec tous les sentiments que je vous dois, monsieur, votre, etc.
1 . Directeur de la Gazette de France, censeur royal, secrétaire général de la direction de la librairie. Né en I72i, il mourut en 1809. 11 avait écrit une
Histoire de Saladin, une Bibliothèque du Théâtre fronçais, et Voltaire songea, un instant, à le faire entrer ù l'Académie française.