LETTRE XXXV. — A LA MÊME
Des terrasses, des remises, des grilles, de longues allées % m'ont arraché, madame, au plaisir de vous faire ma cour. Je m'étais si bien accoutumé à la vie charmante que je menais auprès de vous, que je crois à présent que tout me manque. Je regretterais un commerce aussi délicieux que le vôtre, au milieu de tout ce qu'on appelle plaisirs à Paris; jugez de ce que je dois faire au milieu des maçons et entouré de plâtras ! Je retrouverai sans doute demain M""" de Cbampbonin^ chez vous, très ha-
ie commencement du long séjour de Voltaire dans ce pays.
1. Pendant l'absence de M«" du Châtelet qui étudiait la géométrie et la physique à Paris et qui intercédait en faveur de Voltaire, le poète s'occupait de réparer le château et de le
rendre habitable. Il y passa plusieurs années chez le marquis et la marquise du Châtelet,
2. Cette M"" de Champbonin, femme d'un lieutenant au régiment des dragons de BauUremont, était une amie
bile au trictrac. J'irai assurément dans le pays des vertus et des grâces. Je crois que ce sera aussi celui des pêches. Nous n'en avons point à Cirey; mais je m'imagine qu'elles sont mûres chez vous; votre terre doit être une terre bénite.