‹ Lettres choisiesChapitre 96 sur 456 · Voy. page 78, note · texte numérisé non relu

Voy. page 78, note

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patri's mei mansiones mulise sunt^, et je peux encore dire, in domo mea. Je passe ma vie, mon cher abbé, avec une dame qui f;iit travailler trois cents ouvriers % qui entend Newton, Virdle et le Tasse, et qui ne dédaigne pas de jouer au piquet ^. Voilà l'exemple que je tache de suivre, quoique de très loin. Je vous avoue, mon cher maître, que je ne vois pas pourquoi l'étude de la physique écraserait les fleurs de la poésie. La vérité est-elle si malheureuse qu'elle ne puisse souffrir les ornements? L'art de bien penser, de parler avec éloquence, de sentir vivement, et de s'exprimer de même, serait-il donc l'ennemi de la philosophie? Non, sans doute, ce serait penser en barbare. Malebranche*, dit-on, et Pascal, avaient l'esprit bouché pour les vers ; tant pis pour eux : je les regarde comme des hommes bien formés d'ailleurs, mais qui auraient le malheur de manquer d'un des cinq sens.

Je sais qu'on s'est étonné, et qu'on m'a même fait l'honneur de me haïr, de ce qu'ayant commencé parla poésie, je m'étais ensuite attaché à l'histoire, et que je finissais par la philosophie. Mais, s'il vous plaît, que faisais-je au collège, quand vous aviez la bonté de former mon esprit? Que me faisiez-vous lire et apprendre par cœur à moi et aux autres? des poètes, des historiens, des philosophes. Il est plaisant qu'on n'ose pas exiger de nous dans le monde ce qu'on a exigé dans le collège, et qu'on n'ose pas attendre d'un esprit fait les mêmes choses auxquelles on exerça son enfance.

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