‹ Lettres complètes d'Abélard et d'HéloiseChapitre 17 sur 28 · AVIS · texte numérisé non relu

AVIS

Nous avons hésité, un moment, à donner, à la suite de la traduction si fidèle et si expressive de M. Gréard, les imitations maladroites et fausses qu'ont faites des lettres d'Héloïseet d’Abélard, les poëtes des dix-septième etdix-huitième siècles. Rien, en effet, ne ressemble moins aux deux amants du Paraclet que le portrait qu’en ont tracé et surtout les sentiments que leur ont prêtés les auteurs modernes. Bussy- Rabutin à fait des Lettres d'Abélard et d'Héloise un roman assez semblable à l’Aistoire amoureuse des Gaules; le dix-huitième siècle, lui, voyaitdans Héloïse une victime du cloître, «une colombe gémissante, » la Æeligieuse de Diderot, tout au moins une sœur de Mélanie. J. J. Rousseau a fait de sa Julie une Nouvelle Héloïse, raisonneuse, prècheuse, une protestante, en un mot. .

Telle n’est point la véritable Héloïse. Tendre en: core après son malheur, mais résignée, sielle ne peut entièrement étouffer son amour, elle ne le fait pas

du moins retentir au pied des autels et sous les voûtes du temple, en sentences philosophiques et en peu mystiques regrets.

En y réfléchissant, il nous a paru que ce contraste mêmeimportaita l’histoire littéraire, non moins qu’au goût, et nous avons, pour cette raison, cru devoir le mettre sous Les yeux du lecteur, en reproduisant les imitations de Beauchamp, Colardeau, Dorat, Mercier, Saurin, etc.; imitations qui, du reste, ont joui d’une assez grande célébrité.

A la suite de la traduction littérale des lettres d'Héloïse et d’Abélard, nous reproduisons les imitations en vers qui ont été failes de ces lettres au xvine siècle, par Beauchamp, Colardeau, Dorat, Mercier, Feutry, Saurin, et qui ont joui d’une assez grande célébrité. Le lecteur pourra de la sorte faire la comparaison entre la vérité exacte et les interprétations poétiques auxquelles elle a donné lieu.)

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