‹ Lettres complètes d'Abélard et d'Héloïse, texte latin soigneusement revu, traduction nouvelle précédée d'une étude philosophique et littéraireChapitre 88 sur 98 · D’ABÉLARD A HÉLOISE · texte numérisé non relu

D’ABÉLARD A HÉLOISE

Héloïse, ma sœur, naguère chère dans le siècle, aujourd'hui si chère dans le Christ, la logique m'a rendu odieux au monde. Ils disent, en effet, ces pervers, qui pervertissent tout et dont la sagesse ne songe qu’à nuire, que je n'ai pas d'égal en logique, mais que j'ai failli grandement dans mon commentaire sur saint Paul. Ils vantent la pénétration de mon esprit, en me refusant la pureté de la foi chrétienne. Sans doute, ils se sont laissés conduire dans leur jugement par la prévention plutôt que par la sagesse. Je renonce au titre de philosophe, si je dois être en désaccord avec saint Paul; je ne veux pas être un

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